Quel plaisir de travailler pour vous

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 26 février 2014

Gattaz & fils, bluff repetita placent

Difficile de démêler 
ce qui relève 
de la tragédie et ce qui renvoie à la farce, mais entre les socialistes et les patrons, entre Mitterrand puis Hollande et les Gattaz père et fils, 
l’histoire se répète, à trente ans de distance, du tournant au tête-à-queue. 
Au final, des cadeaux à gogo, beaucoup de promesses et très peu d’emplois…

L’ironie de l’histoire, vraiment très peu pour lui! Président du CNPF de 1981 à 1986 et père de l’actuel patron des patrons, Yvon Gattaz récuse formellement toute comparaison. «Le parallèle avec le pacte de responsabilité, cela ne m’inspire rien», prétend-il, faussement détaché, dans le Figaro, début février. Avant de tenter une justification: «Je ne veux vraiment rien dire. Prenez ce stylo. Il se trouvera toujours quelqu’un pour affirmer que j’ai dit qu’il était bleu, mais que mon fils Pierre a déclaré qu’il était noir!» En matière de stylos, il y a peut-être des débats chez les Gattaz… Mais sur le reste, c’est vraiment même motif, même punition. À trente ans d’intervalle, après avoir pris les rênes du Medef, l’été dernier, le fiston utilise toutes les ficelles du papa pour faire chanter les socialistes aux manettes et leur faire reprendre en chœur les meilleures rengaines du patronat.

Lire la suite...

«Mon cher, vous êtes obsédé par cette opération»

Un article de Michel Mavro dans l'Humanité du 9 septembre 1986

Un article de Michel Mavro paru dans l'Humanité du 9 septembre 1986.
Bonus du papier Gattaz & fils, bluff repetita placent.

mercredi 19 février 2014

Des paroles et des pactes

Le patronat veut les cadeaux fiscaux et sociaux tout de suite. Pour l’emploi, on repassera quand il aura tout obtenu… Une promesse de Pierre Gattaz qui n’engage que ceux qui y croient.

Est-il vraiment excédé ou simplement vexé comme un pou? Au siège du Medef, hier matin, Pierre Gattaz abandonne sa bonhomie habituelle de petit patron pétri de bon sens. Le président de l’organisation patronale paraît passablement agacé par le vrai-faux scandale de Washington, présenté par les médias dominants comme sa première grossière erreur de communication: accompagnant, la semaine dernière, la visite d’État aux USA de François Hollande, il ne s’est pas contenté de lui griller la politesse en parlant aux journalistes avant son discours, mais il a surtout critiqué vertement l’idée de contreparties aux 60 milliards de cadeaux fiscaux et sociaux pour le patronat promis, d’ici à 2017, dans le cadre du pacte de responsabilité. «J’entends, avait-il lancé en petit comité aux Etats-Unis, des gens qui me disent, on va vous contraindre, on va vous obliger, si vous n’y arrivez pas, vous allez être punis, on va vous mettre des pénalités. Nous ne sommes pas dans une cour d’école !» Un accident? Pas du tout!

Lire la suite...

mardi 11 février 2014

L’omerta des ex-patrons de l’UIMM conduit à la prison

Ex-président de l’organisation, Denis Gautier-Sauvagnac a été condamné hier à trois ans de prison, dont deux avec sursis, dans l’affaire de la caisse antigrève. Sa défense, tout en insinuations antisyndicales, n’a pas convaincu le tribunal.

De la barrette aux barreaux? Ex-président et délégué général de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), Denis Gautier-Sauvagnac, Légion d’honneur à la boutonnière et bonnes manières en bandoulière, a été condamné, hier en début d’après-midi, à trois ans de prison, dont un an ferme, dans la fameuse affaire 
de la caisse antigrève de l’organisation patronale.

Le tribunal correctionnel l’a également condamné à une amende de 375 000 euros pour abus de confiance et travail dissimulé. Trois autres anciens dirigeants de l’organisation patronale, dont Dominique de Calan, le bras droit de Denis Gautier-Sauvagnac pendant des années, ont été condamnés à des peines allant de deux mois à un an de prison avec sursis. Poursuivie en tant que personne morale, la fédération patronale de la métallurgie a écopé d’une amende de 150 000 euros. Toutes ces sanctions vont au-delà des réquisitions du parquet.

Lire la suite...

vendredi 17 janvier 2014

Le triste imaginaire d’un patron flingueur à la tête du Medef

Aux côtés de Pierre Gattaz, souvent triste comme un jour sans pain, Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président délégué du Medef chargé de la fiscalité, distribue les beignes pour galvaniser l’armada des patrons. Lundi, à Marcq-en-Barœul (Nord), il poussait les troupes à assiéger les médias pour faire de la pédagogie. «Sinon, c’est Besancenot et Mélenchon qui font les cours d’économie, et ça n’est pas profitable aux Français», ricanait-il.

Lire la suite...

mercredi 15 janvier 2014

Le Medef joue la comédie de la création d’emplois

Contre les cadeaux fiscaux, le patronat prend un engagement «de mobilisation, mais pas de résultat». Lundi, à Marcq-en-Barœul (Nord), Pierre Gattaz a incité les socialistes à continuer de suivre ses consignes.

Adieu cartons jaunes, bonjour vessies pour des lanternes! En octobre dernier, à Lyon, près de 2 000 patrons rassemblés par la CGPME et le Medef avaient brandi un solennel avertissement au gouvernement; lundi soir, dans la banlieue lilloise, ils étaient près de 1 500 à agiter de petites lampes — fabriquées en France — dans une salle plongée dans la pénombre. Une manière de fanfaronner: seuls les patrons éclairent le chemin vers la croissance et la prospérité, François Hollande, ébloui, n’a plus qu’à suivre le halo!

En guise de gage de bonne volonté dans le cadre du pacte de responsabilité, le Medef lance une grande campagne de mobilisation autour de l’objectif de créer «un million d’emplois» dans les prochaines années. «C’est une mobilisation positive en réaction aux vœux du président de la République, explique Pierre Gattaz, le président de l’organisation patronale. François Hollande a indiqué un cap nouveau, assumé, c’est celui de la baisse du coût du travail et des dépenses publiques…» Dans la salle, sur leurs costumes trois pièces, les militants arborent un pin’s «traité avec des encres éco-solvant de fabrication française» et barré du slogan : «Un million d’emplois». Sur grand écran, les patrons défilent et répètent tous les uns après les autres: «Je suis chef d’entreprise et je soutiens le projet Un million d’emplois.»

Lire la suite...

lundi 13 janvier 2014

Le million, le million

Le pin's Un million d'emplois du Medef, photo de Thomas Lemahieu

Un objet de lutte distribué à la presse
le lundi 13 janvier à Marcq-en-Barœul (Nord).

mercredi 20 novembre 2013

Gattaz, ses amis, ses amours, ses emmerdes

Il n’a oublié personne. Hier matin, pour sa conférence de presse mensuelle, Pierre Gattaz a paré son discours d’un bonnet rouge, d’un bec de pigeon, d’un marteau de bricoleur du dimanche ou d’une boule à zéro de tondu, afin de rallier à son absence de panache toutes les jacqueries patronales du pays. «Arrêtez d’emmerder les entreprises», a-t-il lancé. 
Au nom du «ras-le-bol fiscal absolu», le président du Medef réclame un «moratoire», non pas, évidemment, sur les plans sociaux, mais sur les «mesures 
anti-entreprises» qui, émanant du gouvernement, selon lui, «font florès toutes les semaines». Citant la loi sur l’économie sociale et solidaire, la reconnaissance très partielle de la pénibilité en matière de retraites ou le projet de «renforcement des prérogatives de l’inspection du travail», le patron des patrons évoque «la nervosité locale des forces vives» pour suggérer avec insistance à François Hollande de lui emboîter le pas sur des dossiers comme le transfert des cotisations vers une forme de TVA sociale relookée, la facilitation des licenciements, ou encore la généralisation de l’ouverture des commerces le dimanche et la nuit. Dans son propos, le gros bonnet de l’avenue Bosquet finit par lâcher le morceau: 
«En fait, il faut réduire la protection sociale!»

Article paru dans l'Humanité du 20 novembre 2013.

mardi 22 octobre 2013

De patrons à voyous, le parquet franchit le pas

Tout à leur omerta, les patrons de l’UIMM n’ont pas convaincu le ministère public. La procureure réclame une peine de deux ans de prison avec sursis pour Denis Gautier-Sauvagnac.

Six ans après que le scandale des flux financiers occultes alimentés par la caisse antigrève de l’UIMM a éclaté, les ex-dirigeants de la fédération patronale de la métallurgie ont eu deux semaines, depuis l’ouverture de leur procès en correctionnelle à Paris, pour tenter de laver leur honneur en essayant de salir celui des organisations syndicales de salariés… C’est à elles, ont expliqué les patrons à la barre, que les millions d’euros auraient été distribués en espèces afin de renforcer le dialogue social. Mais maintenant, la petite mise en scène est terminée, le procès touche à sa fin ce mardi… Et hier, c’est la procureure Ariane Amson qui a dressé, dans un réquisitoire assassin pour Denis Gautier-Sauvagnac, l’ancien vice-président délégué général de l’UIMM, le bilan de cette mauvaise pièce de boulevard.

Lire la suite...

lundi 14 octobre 2013

Affaire UIMM: les basses œuvres sociales du patronat en procès

Poursuivis, avec 
une dizaine d’autres dirigeants de la fédération patronale de la métallurgie, pour abus de confiance, détournement de fonds et destruction de preuves, Denis Gautier-Sauvagnac refuse toujours de livrer les noms des bénéficiaires des fonds secrets.

Avec obséquiosité, Denis Gautier-Sauvagnac le promet mercredi dernier : il aimerait tant aider le tribunal à faire la lumière sur l’argent noir de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM). Entre 2000 et 2007, plus de 16,5 millions d’euros, retirés en espèces sur de multiples comptes bancaires reliés à la fédération patronale de la métallurgie qu’il a longtemps dirigée, se sont volatilisés. Bien sûr, il sait où est passé l’argent – il était chargé de le distribuer –, mais il ne peut pas le dire. Tout simplement. Parce qu’il est un homme de devoir, un défenseur acharné de l’intérêt général – la barrette sur son élégant costume trois pièces rappelle qu’il a été élevé au rang d’officier de la Légion d’honneur. «Je souhaiterais beaucoup alléger le fardeau qui pèse sur mes épaules en vous disant tout, déplore-t-il à la barre. Mais si je m’en suis abstenu jusque-là et si je continue à m’en abstenir aujourd’hui, c’est pour ne pas impliquer dans cette affaire des organismes qui participent à notre vie sociale, avec le désordre qui en résulterait… Je ne peux pas non plus impliquer des personnes physiques honorables alors que je ne peux pas prouver que je leur ai donné de l’argent et que, de toute façon, elles nieraient en avoir reçu.»

Lire la suite...

mardi 8 octobre 2013

Au procès de l’UIMM, patronat rime avec omerta

Commencées hier, les audiences sur l’argent sale de la fédération patronale de 
la métallurgie, issu d’une caisse antigrève, pourraient être suspendues dès aujourd’hui.

Ports altiers, mentons tendus vers le plafond. Certains arborent la Légion d’honneur, un autre a un cigare dans la poche du costume. Ex-patrons ou cadres dirigeants de l’UIMM, la puissante fédération patronale de la métallurgie, ils sont tous là, ce lundi après-midi, dans la salle des criées du palais de justice de Paris. Près de six ans après que l’affaire des caisses noires de l’UIMM a éclaté suite à un signalement de la cellule de lutte contre le blanchiment (Tracfin), ils doivent répondre de détournement de fonds, d’abus de confiance, de travail dissimulé, de subornation de témoin, de destruction de preuves, de recel, etc.

Lire la suite...

vendredi 30 août 2013

Croissants sans contrepartie ni contrôle fiscal

Devant le chœur des pleureuses, à l'université d'été du Medef, le ministre de l’Économie a pris l’engagement que les entreprises ne paieraient rien de plus pour financer la réforme des retraites.

Le rendez-vous était attendu, jeudi en ­début d’après-midi, à ­l’université d’été du Medef. Sous la grande tente, près de 1 500 patrons assistent à la discussion entre Pierre Moscovici, le ministre de l’Économie, et Pierre Gattaz, le successeur de Laurence Parisot. Et après une journée de mise en scène médiatique sur l’irritation du Medef face au gouvernement, les masques sont tombés: le président de l’organisation patronale introduit en saluant «le courage» du ministre; celui-ci lui répond en dorlotant la salle à coups de «l’emploi, la croissance, c’est l’entreprise, nous devons avancer tous ensemble»!

Lire la suite...

jeudi 29 août 2013

Le mauvais boulevard des patrons indignés

À l’université d’été du Medef, Pierre Gattaz tente de faire oublier l’énorme cadeau du gouvernement.

Erreur de débutant? Depuis sa sortie, lundi, l’air ravi, sur le perron de Matignon, après son entrevue avec Jean-Marc Ayrault, Pierre Gattaz affecte d’afficher une mine moins réjouie. Hier, sur le campus d’HEC, à l’ouverture de l’université d’été du Medef, après que le premier ministre a présenté mardi soir les principes de sa réforme des retraites, le successeur de Laurence Parisot a, pour sa première intervention devant ses troupes, remis sur le tapis toutes les revendications patronales, histoire de tenir son rôle face au gouvernement et de donner le change à quelques jours de la mobilisation sociale du 10 septembre. Du mauvais boulevard!

Lire la suite...

mercredi 21 août 2013

La crise vue de Deauville: luxe, yearlings et volupté

Tournois de polo, courses hippiques, ventes aux enchères de poulains ou de tableaux… La France de tout en haut dépense sans compter.  Alors que les 500 plus grandes fortunes professionnelles ont bondi de 25% l’année dernière, plongée chez les habitués de la station balnéaire du Calvados, qui cultive le chic pour soi… et le mépris pour ceux qui font sa richesse.

«C’est l’heure à laquelle je fuis le marché.» Place Morny – du nom du demi-frère de Napoléon III qui transforma ce marais en marigot pour aristos –, la peste en tailleur met son trancheur de jambon pata negra dans la confidence. «Ce n’est pas du tout la clientèle qu’on recherche, ça !», encourage, à voix basse, le commerçant. «C’est hor-ri-ble», articule la tragédienne, sans un son, mais avec des coups de menton vers la lie de la société, suivez son regard, cette populace qui tourne autour des casseroles déstockées «suite à la crise financière et à la délocalisation». À Deauville, aujourd’hui comme hier, les maîtres chez eux ne veulent rien savoir de la crise.

Lire la suite...

jeudi 4 juillet 2013

Gattaz, un Bisounours placé à la tête du Medef

Le nouveau président de l’organisation patronale prétend défendre l’intérêt 
général. Pour lui, 
la lutte des classes 
a disparu, sauf quand 
c’est lui qui la mène.

Ne rappelez pas à Pierre Gattaz qu’il a parlé d’un Medef de combat tout au long de sa campagne pour l’investiture à la tête de l’organisation patronale… Ne lui dites pas non plus que ce boutefeu de Denis Kessler, partisan d’enterrer le programme du Conseil ­national de la Résistance (CNR), a été son premier soutien! Dans la presse, le fils à papa Yvon Gattaz, déjà président du CNPF de 1981 à 1986, est présenté comme «jovial». C’est un «battant», nous promet-on, que personne n’avait repéré jusque-là et qui, hier, a surtout réussi le tour de force de transformer son discours de sacre en une ­berceuse plutôt soporifique… Alors non, pas du tout: Pierre Gattaz ne cherche pas la castagne, quelle horreur! «La phrase a été tronquée, précise-t-il aujourd’hui devant la presse. Je veux un Medef de combat pour l’emploi, pour l’économie… Pas un Medef de combat tout court, ça renvoie aux ­fantasmes de la violence, de la guérilla dans la rue… Nous voulons mener un combat face aux urgences et nous espérons avoir à nos côtés les partenaires syndicaux et le gouvernement.»

Lire la suite...

À la tête du Medef, Gattaz fait déjà plus fort que Parisot

Largement élu, hier matin, le nouveau président de l’organisation patronale revendique une baisse de 100 milliards d’euros des prélèvements obligatoires et un démantèlement du Code du travail. Et il appelle ça un «pacte de confiance»!

Sans surprise, Pierre Gattaz a été élu, hier matin, à la présidence du Medef. Il a recueilli 95% des suffrages exprimés par les membres de l’assemblée générale de l’organisation patronale. D’ores et déjà, ses principaux concurrents qui s’étaient tous ralliés avant l’élection ont reçu leurs récompenses : Geoffroy Roux de Bézieux doit devenir vice-président délégué et trésorier, chargé de l’économie, de la fiscalité, de l’innovation et du numérique, tandis que Patrick Bernasconi sera chargé, au même rang, des mandats, des branches et des territoires. Jean-François Pilliard, délégué général de l’UIMM, la fédération patronale de la métallurgie qui, avec Pierre Gattaz, signe son grand retour au sommet du Medef, sera également vice-président chargé des questions sociales. Deux autres ex-candidats, l’ancien médiateur interentreprises Jean-Claude Volot et le patron de PME Thibault Lanxade, remportent chacun un hochet. Premier soutien de Pierre Gattaz contre Laurence Parisot, en particulier, Denis Kessler n’a, en revanche, pas de poste particulier dans la direction du Medef.

Lire la suite...

mercredi 3 juillet 2013

Parisot: les patrons peuvent lui dire merci

À l’heure de laisser la place à Pierre Gattaz, la patronne des patrons arrête le théâtre. Le Medef, qui avait beaucoup gagné sous Sarkozy, continue d’engranger avec Hollande.

Devant les membres de l’assemblée permanente du Medef, une instance qui se réunit une fois par mois dans les locaux de l’organisation, avenue Bosquet, Laurence Parisot a, pour l’une de ses dernières interventions devant ses troupes, il y a une quinzaine de jours, lâché le morceau: pendant ses années à la tête du Medef, elle a beaucoup «ferraillé avec Nicolas Sarkozy» sans évoquer de batailles avec François Hollande. Soucieuse de dresser elle-même un bilan flatteur, la présidente du Medef jusqu’à aujourd’hui ne surjoue plus l’indignation, comme elle l’a longtemps fait dans ses opérations de guérilla idéologique: pendant tout le quinquennat Sarkozy, les patrons avaient emmagasiné les cadeaux (bouclier fiscal, loi Tepa, exonérations de cotisations sociales, etc.) tout en bougonnant. Pareil dans un premier temps avec Hollande, mais depuis qu’elle a réussi lors de la première conférence sociale, le 10 juillet 2012, à mettre en scène une bronca patronale contre la perspective d’un encadrement des rémunérations des grands patrons, Laurence Parisot paraît avoir tout gagné face au gouvernement Ayrault, et en interne, elle ne se cache pas pour sourire…

Lire la suite...

Avec Pierre Gattaz, la tête du Medef change de genre

Ce mercredi matin, l’assemblée générale de l’organisation patronale doit désigner le successeur de Laurence Parisot. Après avoir écarté tous ses concurrents, Pierre Gattaz demeure seul en lice. Les postures de circonstance masquent mal la continuité dans le projet ultralibéral.

Ce mercredi, en fin de matinée, les patrons des patrons français vont s'offrir un spectaculaire retour vers le futur. «Non, les chefs d’entreprise ne traîneront pas des pieds, ils ne feront pas la politique du pire, ils n’élèveront pas un mur de l’argent, ils ne pratiqueront pas la tactique de la terre brûlée.» Dans une allocution restée célèbre, le 13 octobre 1981, quelques semaines avant de prendre la tête du CNPF, Yvon Gattaz, déjà fondateur d’Ethic, un lobby patronal ultralibéral mis en place pour contrer le programme commun dans la deuxième moitié des années 1970, livre en creux, derrière la dénégation trop appuyée pour être honnête, un programme de combat face au gouvernement d’union de la gauche. Trente ans plus tard, à l’occasion de l’assemblée générale de son mouvement, un nouveau Gattaz s’apprête à prendre les rênes du Medef.

Lire la suite...

jeudi 20 juin 2013

Avec Laurence Parisot, l’abscons, ça ose tout !

À l’heure des adieux, 
la présidente du Medef se livre à 
un ultime maquillage en tentant d’enrôler André Breton, théoricien du surréalisme, 
dans ses rangs.

La perte est sévère pour la vie des idées creuses. Laurence Parisot quitte la tête du Medef. Contrainte et forcée par ses pairs qui ont refusé de prolonger son CDD de présidente de l’organisation patronale, la voilà qui range ses mots-valises dans ses cartons! Ernest-Antoine Seillière et Denis Kessler, ses prédécesseurs, avaient à leurs côtés un «intellectuel de service» (c’est eux qui le disaient), François Ewald, ancien assistant de Foucault, théoricien de la «société du risque» et pourfendeur du «principe de précaution» ; Laurence Parisot aura eu Rosine Lapresle, graphologue et «coach personnelle» pour chefs d’entreprise. Avec ses équipes, la patronne des patrons a passé huit ans à ciseler des formules absconses pour présenter les ateliers de l’université d’été du Medef : une fois par an, grâce à elle, les patrons dénonçaient «l’assourdissante tyrannie du politiquement correct», faisaient semblant de disserter sur la «philosophie de la poule aux œufs d’or» ou sautaient en parachute doré en narguant le petit peuple: «Chapeau, la retraite!» Tout cela en compagnie de savants aussi maudits et subversifs que Bernard-Henri Lévy, Michel Godet, Jacques Attali, Philippe Val, André Glucksmann, Ivan Rioufol, etc.

Lire la suite...

mercredi 19 juin 2013

Des pains et des roses

Avant de quitter la tête du Medef, Laurence Parisot attaquera bille en tête sur les retraites lors de la conférence sociale. Pour elle, c’est une «question purement arithmétique».

Ses collaborateurs avaient dressé des arceaux piqués de fleurs à l’odeur capiteuse. Derrière le pupitre, une bâche fuchsia avec le slogan de sa mandature, «L’entreprise, c’est la vie»: «Comme un tag sur les murs du Medef, comme un graffiti dans mon cœur», exaltera-t-elle, quelques minutes plus tard. Hier matin, alors que Pierre Gattaz est désormais assuré de lui succéder dans une dizaine de jours, Laurence Parisot a tenu son ultime point presse mensuel en tant que patronne des patrons, dans un décor de roses. Et «le cœur léger, sereine, heureuse et fière» au moment de partir, elle a une dernière fois multiplié les pains dans la figure du modèle social français.

Lire la suite...

- page 1 de 7