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Dans les petits papiers du patronat

Fil des billets

mardi 11 février 2014

L’omerta des ex-patrons de l’UIMM conduit à la prison

Ex-président de l’organisation, Denis Gautier-Sauvagnac a été condamné hier à trois ans de prison, dont deux avec sursis, dans l’affaire de la caisse antigrève. Sa défense, tout en insinuations antisyndicales, n’a pas convaincu le tribunal.

De la barrette aux barreaux? Ex-président et délégué général de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), Denis Gautier-Sauvagnac, Légion d’honneur à la boutonnière et bonnes manières en bandoulière, a été condamné, hier en début d’après-midi, à trois ans de prison, dont un an ferme, dans la fameuse affaire 
de la caisse antigrève de l’organisation patronale.

Le tribunal correctionnel l’a également condamné à une amende de 375 000 euros pour abus de confiance et travail dissimulé. Trois autres anciens dirigeants de l’organisation patronale, dont Dominique de Calan, le bras droit de Denis Gautier-Sauvagnac pendant des années, ont été condamnés à des peines allant de deux mois à un an de prison avec sursis. Poursuivie en tant que personne morale, la fédération patronale de la métallurgie a écopé d’une amende de 150 000 euros. Toutes ces sanctions vont au-delà des réquisitions du parquet.

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mardi 22 octobre 2013

De patrons à voyous, le parquet franchit le pas

Tout à leur omerta, les patrons de l’UIMM n’ont pas convaincu le ministère public. La procureure réclame une peine de deux ans de prison avec sursis pour Denis Gautier-Sauvagnac.

Six ans après que le scandale des flux financiers occultes alimentés par la caisse antigrève de l’UIMM a éclaté, les ex-dirigeants de la fédération patronale de la métallurgie ont eu deux semaines, depuis l’ouverture de leur procès en correctionnelle à Paris, pour tenter de laver leur honneur en essayant de salir celui des organisations syndicales de salariés… C’est à elles, ont expliqué les patrons à la barre, que les millions d’euros auraient été distribués en espèces afin de renforcer le dialogue social. Mais maintenant, la petite mise en scène est terminée, le procès touche à sa fin ce mardi… Et hier, c’est la procureure Ariane Amson qui a dressé, dans un réquisitoire assassin pour Denis Gautier-Sauvagnac, l’ancien vice-président délégué général de l’UIMM, le bilan de cette mauvaise pièce de boulevard.

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lundi 14 octobre 2013

Affaire UIMM: les basses œuvres sociales du patronat en procès

Poursuivis, avec 
une dizaine d’autres dirigeants de la fédération patronale de la métallurgie, pour abus de confiance, détournement de fonds et destruction de preuves, Denis Gautier-Sauvagnac refuse toujours de livrer les noms des bénéficiaires des fonds secrets.

Avec obséquiosité, Denis Gautier-Sauvagnac le promet mercredi dernier : il aimerait tant aider le tribunal à faire la lumière sur l’argent noir de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM). Entre 2000 et 2007, plus de 16,5 millions d’euros, retirés en espèces sur de multiples comptes bancaires reliés à la fédération patronale de la métallurgie qu’il a longtemps dirigée, se sont volatilisés. Bien sûr, il sait où est passé l’argent – il était chargé de le distribuer –, mais il ne peut pas le dire. Tout simplement. Parce qu’il est un homme de devoir, un défenseur acharné de l’intérêt général – la barrette sur son élégant costume trois pièces rappelle qu’il a été élevé au rang d’officier de la Légion d’honneur. «Je souhaiterais beaucoup alléger le fardeau qui pèse sur mes épaules en vous disant tout, déplore-t-il à la barre. Mais si je m’en suis abstenu jusque-là et si je continue à m’en abstenir aujourd’hui, c’est pour ne pas impliquer dans cette affaire des organismes qui participent à notre vie sociale, avec le désordre qui en résulterait… Je ne peux pas non plus impliquer des personnes physiques honorables alors que je ne peux pas prouver que je leur ai donné de l’argent et que, de toute façon, elles nieraient en avoir reçu.»

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mardi 8 octobre 2013

Au procès de l’UIMM, patronat rime avec omerta

Commencées hier, les audiences sur l’argent sale de la fédération patronale de 
la métallurgie, issu d’une caisse antigrève, pourraient être suspendues dès aujourd’hui.

Ports altiers, mentons tendus vers le plafond. Certains arborent la Légion d’honneur, un autre a un cigare dans la poche du costume. Ex-patrons ou cadres dirigeants de l’UIMM, la puissante fédération patronale de la métallurgie, ils sont tous là, ce lundi après-midi, dans la salle des criées du palais de justice de Paris. Près de six ans après que l’affaire des caisses noires de l’UIMM a éclaté suite à un signalement de la cellule de lutte contre le blanchiment (Tracfin), ils doivent répondre de détournement de fonds, d’abus de confiance, de travail dissimulé, de subornation de témoin, de destruction de preuves, de recel, etc.

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mardi 3 mars 2009

Laurence Parisot perd face à l'UIMM

Ancien président de l'UIMM, Daniel Dewavrin n'a pas diffamé la présidente du Medef.

Pour Laurence Parisot, la défaite doit être cuisante. Hier, la présidente du Medef a été déboutée de sa plainte pour diffamation contre Daniel Dewavrin, ancien président de l'UIMM et prédécesseur de Denis Gautier-Sauvagnac à la tête de la principale fédération patronale. En mars de l'année dernière, Daniel Dewavrin avait affirmé qu'à propos des retraits de fonds en liquide, Laurence Parisot «savait depuis longtemps que ces choses-là existaient, qu'elle en a tiré profit pour mener sa politique». Affirmations qu'il a répétées, le 19 janvier, devant la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris.

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mercredi 21 janvier 2009

Petites calomnies entre patrons amnésiques

Au tribunal, lundi, le torchon brûle entre Laurence Parisot et les ex-caciques de sa principale fédération. Mais sur le fond, on n'apprend rien.

C'est un confetti riquiqui dans l'hénaurme carnaval de l'affaire UIMM: Daniel Dewavrin, président de la fédération patronale de la métallurgie entre 1999 et 2006, a-t-il diffamé Laurence Parisot en affirmant à l'AFP le 8 mars 2008 qu'elle «ne disait pas la vérité»? Début mars, à la faveur de la révélation de l'«indemnité de départ» de 1,5 million d'euros accordée à Denis Gautier-Sauvagnac en guise de récompense de son silence devant la justice, la présidente du Medef, remarquablement conciliante jusque-là mais malmenée dans l'opinion publique, change de registre: elle abandonne la très ambiguë expression des «secrets de famille» que «beaucoup connaissaient inconsciemment», lancée à l'automne 2007 pour évoquer les liasses de billets en circulation dans le patronat, coupe nettement les ponts avec ses encombrants amis et tente surtout de bouleverser en profondeur l'architecture du patronat au détriment des branches professionnelles, au premier rang desquelles on trouve l'UIMM.

Les ex-caciques de la principale - et de loin - fédération du Medef allument alors un contre-feu dans les médias: selon eux, Laurence Parisot connaissait l'existence des «pratiques» de l'UIMM, quelques mois, au moins, avant la révélation de l'affaire par le Figaro fin septembre 2007, et c'est elle-même qui aurait posé des questions à ce sujet lors d'une conversation en tête-à-tête avec Denis Gautier-Sauvagnac à la mi-juin 2007...

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vendredi 25 juillet 2008

Grossière manœuvre dans l'affaire UIMM

Un dirigeant patronal fait parler un mort pour orienter le juge d'instruction vers la CGT et Mitterrand.

C'est le témoignage qui accuse la CGT et Mitterrand, nous promettent en choeur le Monde et Mediapart: selon ces deux publications, Roger Le Loire, le juge chargé de l'instruction de l'affaire UIMM, a recueilli le 16 juillet un «témoignage décisif». Quinze jours après le décès, le 2 juillet dernier, de Pierre Guillen, délégué général de la fédération patronale de la métallurgie de 1985 à 1995, Jacques Gagliardi, son ex-bras droit, mis en examen lui aussi pour «recel d'abus de confiance» dans l'affaire des retraits en liquide sur les comptes secrets de l'UIMM entre 2000 et 2007, a décidé de passer à table pour faire parler le mort. Au cours de son audition devant le juge, dont nos confrères livrent de larges extraits, il affirme que Pierre Guillen lui a parlé de «sommes en liquide données aux syndicats». «Concernant la CGT, il m'avait dit qu'il leur donnait quelques centaines de milliers de francs tous les ans», prétend-il rapporter au juge. Selon Jacques Gagliardi, l'ancien délégué général de l'UIMM lui a aussi parlé des versements occultes mais permanents au CNPF: «J'ai été très surpris des déclarations de madame Parisot quand elle dit qu'elle n'était au courant de rien, argue-t-il devant le juge, je pense que les membres du conseil exécutif du Medef devraient s'interroger sur ses compétences.» D'après lui, l'UIMM a également «distribué de l'argent en espèces à des hommes politiques de tous bords, hormis le Parti communiste». «Des membres du Parti socialiste participaient pleinement (à ce système - NDLR) comme bénéficiaires, y compris Mitterrand», glousse-t-il.

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vendredi 18 avril 2008

L'UIMM modernisée parle pour ne rien dire

Frédéric Saint-Geours s'inscrit dans la tradition de l'«action efficace».

Après un siècle d'arrangements en coulisse et de silence quasi total en public, l'UIMM prend le tournant de la modernité: elle apprend à parler pour ne rien dire. Hier, au cours d'une conférence de presse, Frédéric Saint-Geours, le remplaçant de Denis Gautier-Sauvagnac à la tête de la fédération patronale de la métallurgie, vante les nouveaux statuts de son organisation dans la novlangue du patronat du XXIe siècle : recentrage sur le «cœur de métier» avec l'étude des «questions sociales, juridiques et fiscales», «gouvernance claire et équilibrée», «transparence», fonctionnement «souple et fédérateur».

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mercredi 16 avril 2008

Le Medef veut «auditer» sa part d'ombre

Laurence Parisot promet une négociation sur le 1 % logement.

Malgré une perquisition, jeudi, à son siège parisien, le Medef poursuit son opération de toilettage, destinée à contrecarrer les effets désastreux de l'affaire UIMM pour l'image du patronat. Hier, Laurence Parisot a annoncé que son organisation allait lancer des «audits» sur trois secteurs d'activité dans lesquels, derrière un paritarisme de façade, le patronat est fréquemment soupçonné de détourner les fonds du paritarisme : le 1 % logement, la formation professionnelle et la médecine du travail. Alors que le rapport Attali préconise de «budgétiser» les ressources liées à l'effort de construction des employeurs (le 1 % logement), que Christine Boutin, la ministre du Logement, a préconisé une «meilleure gouvernance» des organismes paritaires qui en ont la charge, la présidente du Medef propose aux syndicats d'engager prochainement une négociation, notamment sur les «procédures de contrôle» du 1 % logement.

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jeudi 27 mars 2008

L'UIMM ne veut pas rendre le magot

La nouvelle UIMM se positionne comme «transparente» et «éthique», mais aux revendications sur son trésor, elle oppose le fonctionnement «normal» de sa caisse antigrève.

«De l'argent, il y en a... dans les caisses du patronat!» Jamais ce slogan populaire dans les cortèges n'aura paru si juste, si fécond et si programmatique. La semaine dernière, dans une touchante tentative de ripoliner son image de marque passablement dégradée par les révélations sur ses mystérieuses transactions discrètes, l'UIMM a été contrainte de présenter publiquement, pour la première fois, des éléments de sa comptabilité: selon ses nouveaux dirigeants, la fédération patronale, principal bailleur de fonds du Medef - la métallurgie reverse, chaque année, environ 5 millions d'euros de cotisations au mouvement de Laurence Parisot - dispose, au 31 décembre 2007, de «réserves» évaluées à 600 millions d'euros.

Dans le bilan officiel de l'UIMM, ces «disponibilités», placées sur les marchés, apparaissent à leur «valeur comptable» avant boursicotage, soit, toujours d'après la direction de la fédération patronale, 332,5 millions d'euros. L'organisation, qui, d'après les Échos, contrôle «au moins cinq sociétés civiles immobilières», dispose par ailleurs d'un patrimoine immobilier estimé par elle-même à 43,6 millions d'euros et composé officiellement de son siège national, d'un immeuble et d'un appartement à Paris, d'une villa au Vésinet, ayant jusqu'à très récemment hébergé François Ceyrac, ex-président de l'UIMM et du CNPF.

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mercredi 19 mars 2008

Le patronat carbonisé par l'affaire UIMM

Selon un sondage CSA pour l'Humanité, 64% des Français considèrent que Laurence Parisot était au courant des transactions discrètes de sa principale fédération.

Caisse noire antigrève de l'UIMM abondée à hauteur de six cents millions d'euros par les surcotisations de grandes entreprises de la métallurgie; retraits d'argent en liquide à des fins toujours indéterminées - l'expression «fluidification des relations sociales» était, certes, commode dans son ambiguïté, mais elle a fait long feu -, indemnités de 1,5 million d'euros versées à l'ex-président, censément bénévole, de la fédération patronale, Denis Gautier-Sauvagnac; assurance tout risque offerte aux organisateurs du système prenant en charge par avance les conséquences financières d'une hypothétique condamnation judiciaire ou d'un plus probable redressement fiscal, et furieux airs d'omerta générale... Empêtré dans le scandale, le Medef a très, très mal à son image. «Chacun est convenu que ce que nous traversions depuis deux semaines était dangereux pour l'image des chefs d'entreprise, des patrons et du patronat», expliquait, hier matin, Laurence Parisot, à l'occasion d'une conférence de presse.

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mardi 11 mars 2008

À l'unanimité, le Medef dit qu'il ne sait rien

Alors qu'un autre ex-dirigeant de l'UIMM s'en prend à Laurence Parisot, le bureau de l'organisation patronale se range derrière sa présidente.

Parole(s) contre parole(s). Après Daniel Dewavrin, Arnaud Leenhardt, un autre ex-président de l'UIMM, met vertement en cause la sincérité de Laurence Parisot. Dirigeant de la fédération patronale de la métallurgie de 1992 à 1999, il dit, dans un bref entretien au Monde, avoir «le sentiment d'assister au bal des hypocrites». «La seule chose que je sais, c'est que j'étais présent lorsque Denis Gautier-Sauvagnac nous a rapporté la conversation qu'il avait eue avec elle (Laurence Parisot, NDLR), à Daniel Dewavrin et à moi-même. J'ai entendu la même chose que Daniel Dewavrin.» Et de développer: «Denis Gautier-Sauvagnac nous a dit que Laurence Parisot lui avait demandé si les distributions d'argent se poursuivaient comme avant, quelque chose comme ça. Nous étions tous les trois dans les bureaux de l'UIMM, c'était en mai ou juin 2007, en tout cas avant l'été.» Sur le fond, Arnaud Leenhardt se cale sur l'omerta en vigueur en prétendant ne rien savoir de l'utilisation des fonds retirés en liquide sur les comptes de l'UIMM: «Cela relevait de la compétence du délégué général (Denis Gautier-Sauvagnac, NDLR).»

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lundi 10 mars 2008

Les parrains de l'UIMM accusent Parisot

Selon Daniel Dewavrin, l'existence du système frauduleux était connue de la présidente du Medef. Qui contre-attaque pour diffamation.

Vive la crise? Les boss du patronat paraissent à deux doigts de laver leur linge sale en public. Finie, la paix armée entre le Medef de Laurence Parisot et l'UIMM de Denis Gautier-Sauvagnac: les noms d'oiseaux volent en escadrilles et les accusations explosent comme des bombes à fragmentation dans le camp adverse. Samedi matin, dans le Parisien, Frédéric Saint-Geours, le remplaçant de Gautier-Sauvagnac à la tête de la puissante fédération patronale de la métallurgie, se vante d'avoir «soldé un siècle de pratiques opaques en moins de trois mois», avant de lancer un appel solennel à «éviter toute guerre intestine». «Une fracture dans le patronat français aurait des effets dramatiques pour nos entreprises», estime le nouveau président de l'UIMM. Quelques heures plus tard, par le biais d'un long entretien au Monde, Laurence Parisot tente, en revenant sur les derniers rebondissements de l'affaire, de consacrer son image de chef de file du «patronat du XXIe siècle», partisane d'une «transparence» totale, éberluée par ce qu'elle dit avoir découvert ces derniers mois. À ce propos, la présidente du Medef affirme n'avoir été informée des retraits suspects en liquide sur les comptes de l'UIMM qu'à la veille des premières révélations publiées, fin septembre, par le Figaro.

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mercredi 5 mars 2008

Le monde du silence

Au-delà des affrontements, le Medef et l'UIMM se retrouvent pour enterrer le scandale, et s'arrangent de l'omerta de Gautier-Sauvagnac.

Hier, à l'issue d'une très brève rencontre - vingt-cinq minutes - entre Laurence Parisot et Frédéric Saint-Geours, le Medef a fait savoir que «l'entretien n'avait pas été satisfaisant» et que la question de la centaine de mandats exercés par l'UIMM au nom du patronat restait «ouverte». En coulisses, les couteaux sont tirés. Sophie de Menthon, à la tête du lobby patronal Ethic, applaudit Parisot à tout rompre et piétine allègrement ses anciens amis: Dominique de Calan, vieille connaissance du temps de Démocratie libérale d'Alain Madelin et vice-président d'Ethic, et Denis Gautier-Sauvagnac qui, le 20 mars 2001, lui remettait les insignes de chevalier de la Légion d'honneur. Ex-PDG de Safran, membre du bureau de l'UIMM et du conseil exécutif du Medef, candidat malheureux, en décembre dernier, à la succession de Gautier-Sauvagnac, Jean-Paul Béchat canarde l'espoir déchu Michel de Virville et guigne la place de celui qui aura demain l'oreille de Parisot à l'UIMM: «Il a tiré les conséquences en démissionnant de l'UNEDIC mais n'a pas tiré les conséquences en démissionnant de notre bureau. J'en suis personnellement surpris, notre confiance a été trahie.»

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mardi 4 mars 2008

Le silence est d'or à l'UIMM

Craignant pour l'image des patrons, Laurence Parisot s'en prend vertement à l'UIMM et met en scène une opération mains propres. Mais même les «modernes» de la métallurgie résistent à l'offensive. Et derrière le battage, la consanguinité persiste.

Le patronat est au bord d'une guerre intestine. Révélés, en fin de semaine dernière, par l'hebdomadaire Marianne, les avantages très particuliers accordés à Denis Gautier-Sauvagnac contre la promesse de sa démission à la tête de l'UIMM sèment un vent de panique au Medef. Après une négociation rondement menée début décembre par Michel de Virville (Renault) et Philippe Darmayan (ArcelorMittal), le bureau de la puissante fédération patronale de la métallurgie a octroyé à son ex-président un «parachute doré» de 1,5 million d'euros et une «assurance tous risques» contre les conséquences fiscales de son éventuelle condamnation pour abus de confiance, travail dissimulé et recel d'abus de confiance. Selon les termes de cet accord, Denis Gautier-Sauvagnac, mis en examen depuis le 15 janvier dans l'affaire des retraits suspects de 19 millions d'euros en liquide entre 2000 et 2007, pourrait continuer de se taire, refuser de livrer les détails sur l'utilisation des sommes détournées et, le cas échéant, être condamné, mais sans avoir à en subir le préjudice financier puisque l'UIMM s'engage à l'«assumer». Le 22 février, le bureau de l'organisation patronale évoque, sans plus de précisions, une enveloppe de 4 millions d'euros. Dans ces conditions, on le comprend aisément, le silence est d'or.

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vendredi 21 décembre 2007

Petits meurtres entre amis

Après tant d'années passées à trépigner, voici qu'en 2002 un candidat libéral, un vrai de vrai, se présente à la présidentielle. Le seul problème, c'est qu'il n'a pas un radis en poche...

Délégué général adjoint de l'UIMM, vice-président du lobby patronal Ethic, président de l'organisme de collecte des fonds de la formation pour la métallurgie Opcaim, président du groupement d'intérêt économique des régimes de retraite complémentaire Agirc-Arrco, vice-président de l'Association française pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), vice-président de l'Agence pour l'emploi des cadres (Apec), vice-président de l'Union nationale des petites et moyennes industries (UNPMI, une des quatre branches de la CGPME), administrateur de Nexter (ex GIAT Industries), président du conseil de surveillance d'Altran, membre du conseil de surveillance d'une filiale bancaire des collectivités territoriales Bretagne Développement, créateur, avec Josselin de Rohan et Yvon Jacob, puis administrateur de la Société de développement régional (SDR) de la Bretagne, censeur de Brittany Ferries, ex-conseiller régional de Bretagne, toujours élu municipal à Saint-Pol-de-Léon (Finistère), membre du bureau politique de Démocratie libérale, recordman de France de parachutisme en précision d'atterrissage en 1971 et 1972, membre de l'association La Demeure historique, amateur de golf et de voile... Dominique de la Lande de Calan a un CV long comme dix bras, et les relations qui vont avec. Et malgré tout, le voilà, avec son patron Denis Gautier-Sauvagnac qui n'est pas, lui non plus, un branquignol né de la dernière pluie, sur un siège éjectable! Mais ne brûlons pas les étapes...

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jeudi 20 décembre 2007

Libéral, nous voilà!

L'UIMM se lasse un peu de l'agit-prop groupusculaire, elle garde le contact, mais revient aux choses sérieuses: la politique, avec les jeunes loups qu'elle a réussi à caser.

«Les Journées du livre marxiste et les Semaines de la pensée marxiste attirent beaucoup de monde et ont un incontestable impact non seulement parce qu'elles nourrissent la "marxismomanie" des intellectuels français, mais parce qu'elles font appel habilement aux débats controversés, à l'intervention de vedettes et à une "claque" bien orchestrée. Nous préconisons le recours aux mêmes techniques pour les manifestations des organisations en question, faute de quoi nous n'hésiterons pas à considérer comme du gaspillage les centaines de milliers de nouveaux francs affectés à leur survie.» En ce mois de mars 1973, les stratèges de l'UIMM sont un brin bougons: depuis cinq ans, l'Association pour la liberté économique et le progrès social (Aleps), cornaquée avec des fonds du patronat par Claude Harmel, le fidèle second de Georges Albertini, décerne un prix du livre libéral et organise une «semaine de la pensée libérale», mais visiblement, aux yeux des petits propagandistes de l'UIMM, avec son ramassis de vieilles gloires du libéralisme français, comme Jacques Rueff, Maurice Allais ou encore Raymond Aron, on s'y ennuie à mourir... Et ça, ce n'est pas bon pour le commerce des idées. Dès lors, le patronat est confronté au dilemme: faut-il changer son fusil d'épaule ou empoigner la mitraillette? La réponse est vite trouvée.

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mercredi 19 décembre 2007

Leur petite entreprise ne connaît pas la crise

Grâce à la planche à billets de l'UIMM, Georges Albertini recycle les têtes brûlées de l'extrême droite et, avec ses équipes de bras cassés, tente de torpiller la gauche dans les années 1970.

«C'était un haut responsable patronal, qui avait une compréhension aiguë des dangers du communisme pour le pays. Il sentait la nécessité éminente d'une confédération syndicale comme Force ouvrière. Et non moins vivement la nécessité d'une publication consacrée à l'ensemble des problèmes du communisme.» En mars 1959, dans sa feuille de «contre-propagande», Georges Albertini salue la mémoire de son fidèle donateur, Étienne Villey, un personnage clé du Groupe des industries métallurgiques (Gim). Dans une note personnelle datée du 19 septembre 1957 et citée par François Denord (dans Néolibéralisme, version française, paru aux Éditions Demopolis), il se montre à la fois précis et inquiet: Albertini estime les sommes versées annuellement par Villey à 880 000 francs de l'époque, soit l'équivalent de 15 000 euros d'aujourd'hui.

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mardi 18 décembre 2007

Les seconds couteaux entre les dents

Pendant la première moitié du XXe siècle, des hommes s'activent en coulisses: à travers les «caisses» de l'UIMM, ils récoltent de quoi combattre le communisme et promouvoir le libéralisme.

«Une dizaine de feuillets, rédigés par des intellectuels russes réfugiés en France, et traitant brièvement de quelques aspects de la vie ouvrière en Russie, ont été distribués dans les quartiers ouvriers à 100 000 exemplaires chacun. Trois tracts confectionnés par nos soins ou sous notre direction ont été envoyés à domicile à 7 500 adresses d'ouvriers données à notre secrétariat par les établissements adhérents.» Dans cette note manuscrite, datée du 5 novembre 1925 et citée par l'historienne Danièle Fraboulet dans son ouvrage de référence sur l'UIMM durant la première moitié du XXe siècle (Quand les patrons s'organisent, aux Presses universitaires Septentrion), Étienne Villey, délégué spécial du Groupe des industries métallurgiques de la région parisienne (Gim) auprès de l'UIMM, se félicite de ces «éclairages» largement diffusés par le patronat dans le monde ouvrier. Après la Première Guerre mondiale, les entreprises parisiennes de la métallurgie peuvent participer à l'effort de propagande contre le «bolchevisme» et les idées communistes en versant des cotisations exceptionnelles de cinq francs par ouvrier.

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lundi 17 décembre 2007

Très chers amoureux de la liberté

Drôle d'endroit pour une rencontre: le 12 décembre 2006, un groupuscule ultralibéral squatte l'amphithéâtre des patrons de la métallurgie. Ils n'ont plus un sou, mais ils ont encore des relations.

«Chers amis, chers amoureux de la liberté, je suis désolée de ne pas être parmi vous ce soir. C'est mon combat, qui est aussi le vôtre, contre l'interventionnisme de l'État tout-puissant, qui m'empêche d'être avec vous aujourd'hui et de vous souhaiter un bon anniversaire. Le libéralisme n'est ni de gauche ni de droite, ma mission est de le faire comprendre au plus grand nombre. Pour cela, je sais pouvoir compter sur vous tous, sur vos idées et sur votre engagement. Je vous remercie et espère votre soutien. À une prochaine fois sûrement.» Le 12 décembre 2006, à Neuilly-sur-Seine, dans l'amphithéâtre du Groupe des industries métallurgiques (Gim), la chambre territoriale de l'UIMM en Île-de-France, qui rassemble toutes les grosses pointures du secteur, Laurence Parisot, présidente du Medef, aurait dû participer à la célébration des quarante ans d'un groupuscule ultralibéral sur le déclin, l'Association pour la liberté économique et le progrès social (Aleps). La patronne des patrons avait donné son «accord de principe», mais hélas, trois fois hélas, au bout du compte, elle n'a pas pu venir.

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