Quel plaisir de travailler pour vous

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Le Medef des mondes

Fil des billets

mercredi 19 février 2014

Des paroles et des pactes

Le patronat veut les cadeaux fiscaux et sociaux tout de suite. Pour l’emploi, on repassera quand il aura tout obtenu… Une promesse de Pierre Gattaz qui n’engage que ceux qui y croient.

Est-il vraiment excédé ou simplement vexé comme un pou? Au siège du Medef, hier matin, Pierre Gattaz abandonne sa bonhomie habituelle de petit patron pétri de bon sens. Le président de l’organisation patronale paraît passablement agacé par le vrai-faux scandale de Washington, présenté par les médias dominants comme sa première grossière erreur de communication: accompagnant, la semaine dernière, la visite d’État aux USA de François Hollande, il ne s’est pas contenté de lui griller la politesse en parlant aux journalistes avant son discours, mais il a surtout critiqué vertement l’idée de contreparties aux 60 milliards de cadeaux fiscaux et sociaux pour le patronat promis, d’ici à 2017, dans le cadre du pacte de responsabilité. «J’entends, avait-il lancé en petit comité aux Etats-Unis, des gens qui me disent, on va vous contraindre, on va vous obliger, si vous n’y arrivez pas, vous allez être punis, on va vous mettre des pénalités. Nous ne sommes pas dans une cour d’école !» Un accident? Pas du tout!

Lire la suite...

mercredi 15 janvier 2014

Le Medef joue la comédie de la création d’emplois

Contre les cadeaux fiscaux, le patronat prend un engagement «de mobilisation, mais pas de résultat». Lundi, à Marcq-en-Barœul (Nord), Pierre Gattaz a incité les socialistes à continuer de suivre ses consignes.

Adieu cartons jaunes, bonjour vessies pour des lanternes! En octobre dernier, à Lyon, près de 2 000 patrons rassemblés par la CGPME et le Medef avaient brandi un solennel avertissement au gouvernement; lundi soir, dans la banlieue lilloise, ils étaient près de 1 500 à agiter de petites lampes — fabriquées en France — dans une salle plongée dans la pénombre. Une manière de fanfaronner: seuls les patrons éclairent le chemin vers la croissance et la prospérité, François Hollande, ébloui, n’a plus qu’à suivre le halo!

En guise de gage de bonne volonté dans le cadre du pacte de responsabilité, le Medef lance une grande campagne de mobilisation autour de l’objectif de créer «un million d’emplois» dans les prochaines années. «C’est une mobilisation positive en réaction aux vœux du président de la République, explique Pierre Gattaz, le président de l’organisation patronale. François Hollande a indiqué un cap nouveau, assumé, c’est celui de la baisse du coût du travail et des dépenses publiques…» Dans la salle, sur leurs costumes trois pièces, les militants arborent un pin’s «traité avec des encres éco-solvant de fabrication française» et barré du slogan : «Un million d’emplois». Sur grand écran, les patrons défilent et répètent tous les uns après les autres: «Je suis chef d’entreprise et je soutiens le projet Un million d’emplois.»

Lire la suite...

mercredi 20 novembre 2013

Gattaz, ses amis, ses amours, ses emmerdes

Il n’a oublié personne. Hier matin, pour sa conférence de presse mensuelle, Pierre Gattaz a paré son discours d’un bonnet rouge, d’un bec de pigeon, d’un marteau de bricoleur du dimanche ou d’une boule à zéro de tondu, afin de rallier à son absence de panache toutes les jacqueries patronales du pays. «Arrêtez d’emmerder les entreprises», a-t-il lancé. 
Au nom du «ras-le-bol fiscal absolu», le président du Medef réclame un «moratoire», non pas, évidemment, sur les plans sociaux, mais sur les «mesures 
anti-entreprises» qui, émanant du gouvernement, selon lui, «font florès toutes les semaines». Citant la loi sur l’économie sociale et solidaire, la reconnaissance très partielle de la pénibilité en matière de retraites ou le projet de «renforcement des prérogatives de l’inspection du travail», le patron des patrons évoque «la nervosité locale des forces vives» pour suggérer avec insistance à François Hollande de lui emboîter le pas sur des dossiers comme le transfert des cotisations vers une forme de TVA sociale relookée, la facilitation des licenciements, ou encore la généralisation de l’ouverture des commerces le dimanche et la nuit. Dans son propos, le gros bonnet de l’avenue Bosquet finit par lâcher le morceau: 
«En fait, il faut réduire la protection sociale!»

Article paru dans l'Humanité du 20 novembre 2013.

vendredi 30 août 2013

Croissants sans contrepartie ni contrôle fiscal

Devant le chœur des pleureuses, à l'université d'été du Medef, le ministre de l’Économie a pris l’engagement que les entreprises ne paieraient rien de plus pour financer la réforme des retraites.

Le rendez-vous était attendu, jeudi en ­début d’après-midi, à ­l’université d’été du Medef. Sous la grande tente, près de 1 500 patrons assistent à la discussion entre Pierre Moscovici, le ministre de l’Économie, et Pierre Gattaz, le successeur de Laurence Parisot. Et après une journée de mise en scène médiatique sur l’irritation du Medef face au gouvernement, les masques sont tombés: le président de l’organisation patronale introduit en saluant «le courage» du ministre; celui-ci lui répond en dorlotant la salle à coups de «l’emploi, la croissance, c’est l’entreprise, nous devons avancer tous ensemble»!

Lire la suite...

jeudi 29 août 2013

Le mauvais boulevard des patrons indignés

À l’université d’été du Medef, Pierre Gattaz tente de faire oublier l’énorme cadeau du gouvernement.

Erreur de débutant? Depuis sa sortie, lundi, l’air ravi, sur le perron de Matignon, après son entrevue avec Jean-Marc Ayrault, Pierre Gattaz affecte d’afficher une mine moins réjouie. Hier, sur le campus d’HEC, à l’ouverture de l’université d’été du Medef, après que le premier ministre a présenté mardi soir les principes de sa réforme des retraites, le successeur de Laurence Parisot a, pour sa première intervention devant ses troupes, remis sur le tapis toutes les revendications patronales, histoire de tenir son rôle face au gouvernement et de donner le change à quelques jours de la mobilisation sociale du 10 septembre. Du mauvais boulevard!

Lire la suite...

jeudi 4 juillet 2013

À la tête du Medef, Gattaz fait déjà plus fort que Parisot

Largement élu, hier matin, le nouveau président de l’organisation patronale revendique une baisse de 100 milliards d’euros des prélèvements obligatoires et un démantèlement du Code du travail. Et il appelle ça un «pacte de confiance»!

Sans surprise, Pierre Gattaz a été élu, hier matin, à la présidence du Medef. Il a recueilli 95% des suffrages exprimés par les membres de l’assemblée générale de l’organisation patronale. D’ores et déjà, ses principaux concurrents qui s’étaient tous ralliés avant l’élection ont reçu leurs récompenses : Geoffroy Roux de Bézieux doit devenir vice-président délégué et trésorier, chargé de l’économie, de la fiscalité, de l’innovation et du numérique, tandis que Patrick Bernasconi sera chargé, au même rang, des mandats, des branches et des territoires. Jean-François Pilliard, délégué général de l’UIMM, la fédération patronale de la métallurgie qui, avec Pierre Gattaz, signe son grand retour au sommet du Medef, sera également vice-président chargé des questions sociales. Deux autres ex-candidats, l’ancien médiateur interentreprises Jean-Claude Volot et le patron de PME Thibault Lanxade, remportent chacun un hochet. Premier soutien de Pierre Gattaz contre Laurence Parisot, en particulier, Denis Kessler n’a, en revanche, pas de poste particulier dans la direction du Medef.

Lire la suite...

mercredi 3 juillet 2013

Parisot: les patrons peuvent lui dire merci

À l’heure de laisser la place à Pierre Gattaz, la patronne des patrons arrête le théâtre. Le Medef, qui avait beaucoup gagné sous Sarkozy, continue d’engranger avec Hollande.

Devant les membres de l’assemblée permanente du Medef, une instance qui se réunit une fois par mois dans les locaux de l’organisation, avenue Bosquet, Laurence Parisot a, pour l’une de ses dernières interventions devant ses troupes, il y a une quinzaine de jours, lâché le morceau: pendant ses années à la tête du Medef, elle a beaucoup «ferraillé avec Nicolas Sarkozy» sans évoquer de batailles avec François Hollande. Soucieuse de dresser elle-même un bilan flatteur, la présidente du Medef jusqu’à aujourd’hui ne surjoue plus l’indignation, comme elle l’a longtemps fait dans ses opérations de guérilla idéologique: pendant tout le quinquennat Sarkozy, les patrons avaient emmagasiné les cadeaux (bouclier fiscal, loi Tepa, exonérations de cotisations sociales, etc.) tout en bougonnant. Pareil dans un premier temps avec Hollande, mais depuis qu’elle a réussi lors de la première conférence sociale, le 10 juillet 2012, à mettre en scène une bronca patronale contre la perspective d’un encadrement des rémunérations des grands patrons, Laurence Parisot paraît avoir tout gagné face au gouvernement Ayrault, et en interne, elle ne se cache pas pour sourire…

Lire la suite...

Avec Pierre Gattaz, la tête du Medef change de genre

Ce mercredi matin, l’assemblée générale de l’organisation patronale doit désigner le successeur de Laurence Parisot. Après avoir écarté tous ses concurrents, Pierre Gattaz demeure seul en lice. Les postures de circonstance masquent mal la continuité dans le projet ultralibéral.

Ce mercredi, en fin de matinée, les patrons des patrons français vont s'offrir un spectaculaire retour vers le futur. «Non, les chefs d’entreprise ne traîneront pas des pieds, ils ne feront pas la politique du pire, ils n’élèveront pas un mur de l’argent, ils ne pratiqueront pas la tactique de la terre brûlée.» Dans une allocution restée célèbre, le 13 octobre 1981, quelques semaines avant de prendre la tête du CNPF, Yvon Gattaz, déjà fondateur d’Ethic, un lobby patronal ultralibéral mis en place pour contrer le programme commun dans la deuxième moitié des années 1970, livre en creux, derrière la dénégation trop appuyée pour être honnête, un programme de combat face au gouvernement d’union de la gauche. Trente ans plus tard, à l’occasion de l’assemblée générale de son mouvement, un nouveau Gattaz s’apprête à prendre les rênes du Medef.

Lire la suite...

mercredi 19 juin 2013

Des pains et des roses

Avant de quitter la tête du Medef, Laurence Parisot attaquera bille en tête sur les retraites lors de la conférence sociale. Pour elle, c’est une «question purement arithmétique».

Ses collaborateurs avaient dressé des arceaux piqués de fleurs à l’odeur capiteuse. Derrière le pupitre, une bâche fuchsia avec le slogan de sa mandature, «L’entreprise, c’est la vie»: «Comme un tag sur les murs du Medef, comme un graffiti dans mon cœur», exaltera-t-elle, quelques minutes plus tard. Hier matin, alors que Pierre Gattaz est désormais assuré de lui succéder dans une dizaine de jours, Laurence Parisot a tenu son ultime point presse mensuel en tant que patronne des patrons, dans un décor de roses. Et «le cœur léger, sereine, heureuse et fière» au moment de partir, elle a une dernière fois multiplié les pains dans la figure du modèle social français.

Lire la suite...

mardi 4 juin 2013

Le Medef se déchire sur l’après-Parisot

Hier après-midi, Geoffroy Roux de Bézieux a remporté d’un cheveu le vote consultatif au sein du conseil exécutif. Dans la dernière ligne droite, Pierre Gattaz, soutenu par Denis Kessler, demeure favori.

À l’issue, hier après-midi, du vote consultatif de son conseil exécutif – son gouvernement –, le Medef apparaît extrêmement divisé, au moment de désigner le successeur de Laurence Parisot. Le vote définitif aura lieu début juillet et ce sont les 591 membres de l’assemblée générale – le parlement de l’organisation patronale – qui trancheront entre les candidats. Hier, c’est Geoffroy Roux de Bézieux, patron d’un opérateur téléphonique et ex-président de l’Unedic, qui l’a emporté, mais d’un cheveu: il a recueilli 19 voix, contre 18 à Pierre Gattaz, le fils d’Yvon Gattaz, qui dirigea le CNPF entre 1981 et 1986, et 6 à Patrick Bernasconi, chef de file du patronat dans la négociation sur la flexibilisation de l’emploi.

Lire la suite...

jeudi 30 mai 2013

Ah, si tous les gars du monde voulaient bien...

Un grand raout se tenait, mardi au siège de l’organisation patronale, pour célébrer la sortie des propositions communes, avec trois syndicats, sur la croissance.

Mardi soir, dans le grand auditorium du Medef, Laurence Parisot est «fière et heureuse» de partager la scène avec des syndicalistes. Sur la couverture du rapport Réinventer la croissance, agir ensemble pour une dynamique économique, les logos de trois organisations patronales (Medef, CGPME et UPA) et de trois syndicats (CFDT, CFTC et CGC) forment, relève-t-elle, «une ronde». «Cela me fait penser au poème: Ah, si tous les gars du monde voulaient bien se donner la main! Depuis 2005, depuis que je suis présidente du Medef, toutes nos organisations travaillent d’arrache-pied pour tenter de dépasser les conflits.» Et la patronne des patrons de se lancer dans une défense et illustration du dialogue social, visant en priorité Pierre 
Gattaz, le favori dans la course à sa succession: «Je mets un peu de solennité parce que cet acte majeur pourrait être mis en danger, avertit-elle. À gauche, à droite, dans les syndicats et dans le patronat, certains disent qu’on n’aboutit à rien par le dialogue social. Aujourd’hui, les organisations syndicales admettent que la culture entrepreneuriale est fondamentale. Et moi, de mon côté, je dis: vive la culture syndicale! C’est un engagement fort qui va nous offrir les bons choix pour renouer avec la rentabilité.»

Lire la suite...

mercredi 22 mai 2013

Un patron de combat se détache pour succéder à Parisot

Parmi les candidats à la succession de Laurence Parisot, Pierre Gattaz, fils d’un président du CNPF, tient la corde. À son programme, rien de moins que le «pilotage» en commun par le Medef et le gouvernement du budget de l’État.

Qui succédera à Laurence Parisot à la tête du Medef? Ce jeudi, les cinq prétendants se relaient pour un grand oral devant le conseil exécutif de l’organisation patronale. Par un vote, la semaine suivante, les membres de cette instance donneront une première indication, avant le scrutin final qui aura lieu lors de l’assemblée générale du Medef, le 3 juillet.

Dans cette course à la surenchère néolibérale, la situation 
commence à se décanter: deux petits candidats (Hervé Lambel et Thibault Lanxade) paraissent d’ores et déjà condamnés à jouer les utilités; chef de file de la délégation patronale et président de la fédération des travaux publics, Patrick Bernasconi, réputé proche de Laurence Parisot avant qu’il se positionne contre sa tentative de changer les statuts afin de garder la main sur le Medef, ne perce guère avec une ligne privilégiant la négociation collective interprofessionnelle; Geoffroy Roux de Bézieux et Pierre Gattaz tiennent, semble-t-il, la corde. Entre eux, la bagarre se noue autour de la liste des soutiens, et c’est le fils d’Yvon Gattaz, ancien président du CNPF et patron de combat pendant le premier septennat de François Mitterrand, qui prend nettement l’avantage.

Lire la suite...

vendredi 29 mars 2013

Les caciques du patronat mettent Parisot au chômage

La présidente du Medef n’est plus maître chez elle : jeudi matin, celle qui voulait rempiler a été battue dans un vote interne à la direction et, dans l’après-midi, les grévistes de PSA Aulnay ont réussi à investir le siège de l’organisation patronale.

La patronne des patrons ne l’est plus vraiment. Jeudi matin, Laurence Parisot a perdu son pari : le conseil exécutif du Medef n’a pas approuvé la modification statutaire qui devait lui permettre de rester à la tête de l’organisation patronale, le 1er juillet, au terme de ses deux mandats. Prévoyant la suppression de la limitation de la durée et du nombre des mandats, la proposition qu’elle soutenait a recueilli 22 voix pour, 22 voix contre et un bulletin blanc. Faute de majorité, Laurence Parisot ne pourra pas aller plus loin. Et aujourd’hui, la direction nationale du patronat se trouve cassée en deux.

Lire la suite...

mercredi 20 mars 2013

Parisot passe à l’attaque

Confortée dans ses manœuvres pour garder la tête du Medef, la patronne des patrons exige le rejet pur et simple de la loi d’amnistie pour les syndicalistes à l’Assemblée.

Laurence Parisot est peut-être en train de gagner son pari. Sous couvert de «renforcer la démocratie interne» au sein du patronat, la présidente du 
Medef prépare, à quelques mois de la fin de ce qui devait être son dernier mandat, une réforme des statuts qui pourrait bien lui permettre de rempiler. Lundi soir, le comité statutaire de l’organisation patronale a présenté une série de propositions taillées sur mesure: mandats de cinq ans renouvelables sans limi
tation, réduction du nombre 
de procurations admises lors de l’assemblée générale – ce 
qui limitera probablement l’influence de certaines grosses fédérations hostiles à sa manœuvre –, application immédiate de cette réforme si elle venait à être adoptée par les 
instances du Medef, etc. Devant la presse, Laurence Parisot salue 
sans rire une «réflexion» du comité statutaire qui est «d’un niveau tout à fait remarquable». C’est cette position qui va être présentée devant le conseil exécutif et lors de l’assemblée générale du Medef. Et dans le camp de Parisot, la confiance règne, face à des opposants qui s’expriment en ordre dispersé.

Lire la suite...

mardi 12 mars 2013

Tout est précaire, sauf pour Laurence Parisot

La présidente du Medef espère arracher une prolongation de son mandat en dépit des règles statutaires de l’organisation. Mais plusieurs figures du patronat refusent le coup de force.

La vie, l’amour, la santé sont précaires… Pourquoi la présidence du Medef ne le serait-elle pas? Pourfendeuse du contrat à durée indéterminée et de la sécurité de l’emploi, Laurence Parisot rechigne, après huit années de règne, à rendre son mandat à la tête de l’organisation patronale pour partir, par exemple, faire du kite-surf à Saint-Barth, cette île des Caraïbes chérie des people et des milliardaires où elle passe souvent ses vacances. En janvier, le soir même où le Medef a obtenu l’accord de la CFDT, de la CFTC et de la CGC dans la négociation de flexibilisation du marché du travail, la patronne des patrons a annoncé son intention d’obtenir une prolongation de son mandat. Pour celle qui n’a pas manqué, dimanche, de cracher sur le cercueil de Chavez – «Un homme qui était un dictateur, un démagogue, qui incarne le populisme dans toute son horreur», a-t-elle ânonné –, l’enjeu, c’est d’arracher, à la dernière minute, une modification des statuts du Medef afin de pouvoir rempiler: jusqu’à nouvel ordre, les dirigeants pouvaient faire deux mandats à la tête de l’organisation patronale, un premier de cinq ans et un second de trois ans. Le comité statutaire du Medef doit se prononcer lundi 18 mars. Mais Parisot, elle, a déjà tranché: «J’ai l’audace d’espérer pouvoir soumettre ma candidature à un troisième mandat», a-t-elle averti dans le Monde du 1er mars.

Lire la suite...

jeudi 7 mars 2013

Contre Parisot, les patrons de l'UIMM sortent les flingues

La fédération patronale de la métallurgie s’engage 
dans la bataille 
pour la présidence 
du Medef.

L’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), affaiblie par l’affaire de la caisse noire antigrève, va-t-elle retrouver sa puissance au sein du patronat ? Hier, l’importante fédération patronale a fait un pas de plus pour tenter de couper la route à Laurence Parisot. Alors que la présidente du Medef devrait abandonner son poste en juin, elle tente de rester à la barre au prix d’un bouleversement statutaire de dernière minute. À l’issue de la convention annuelle de l’UIMM, Frédéric Saint-Geours, présenté parfois comme un concurrent de Parisot, a été limpide sur l’objectif de son organisation. Pas question d’être «dans la continuité». L’UIMM promet de s’opposer à toute réforme des statuts du Medef. L’organisation estimant que Laurence Parisot ne respecte pas «l’éthique» et les «règles de gouvernance». Frédéric Saint-Geours déplore: «En lançant ce type de procédure de révision des statuts, on crée des malaises, on crée des divisions. Ce n’est pas surprenant de voir des gens démissionner de leurs mandats, cela arrive et ce n’est pas forcément fini.»

Article paru dans l'Humanité du 7 mars 2013.

mercredi 16 janvier 2013

Grandes manœuvres au Medef

Pour rempiler, la patronne des patrons prétend être sollicitée de toutes parts.

Présidente du Medef depuis 2005, Laurence Parisot est généreuse et totalement désintéressée: elle n’a pas encore pris sa décision, jure-
t-elle la main sur le cœur, mais si ses troupes la réclament et si les statuts du Medef sont amendés pour lui permettre de rester à la tête de l’organisation, on la sent très, très disponible. «Il y a deux mois environ, ­plusieurs chefs d’entreprise, des présidents de fédérations professionnelles, des amis des Medef territoriaux, des dirigeants d’entreprises cotées au CAC 40 m’ont demandé de considérer la possibilité de rester plus longtemps que prévu à la tête du Medef, raconte-t-elle devant la presse, hier matin. J’ai été flattée de cette sollicitation. Je leur ai répondu que j’ai aimé ce que j’ai fait à la tête de notre institution, mais qu’il n’était pas question d’aborder ce sujet tant que la négociation sur l’emploi, si importante, n’était pas terminée.» Voilà pour la légende, passablement entamée au regard notamment de nos informations sur les manipulations au Medef de Seine-Saint-Denis.

Lire la suite...

vendredi 4 janvier 2013

Le patronat pigeonne son monde sur la fiscalité des riches

Aversion pour le «risque», «matraquage», fuite des «talents»… Le Medef sort ses canons idéologiques contre toute contribution solidaire.

C’est bien connu, le patronat défend en toutes circonstances l’intérêt général, donc la compétitivité des entreprises et la prospérité du pays. Et si le Medef ou l’Afep, le fameux lobby des groupes du CAC 40, poussent des cris d’orfraie quand François Hollande évoque la perspective d’une taxation à 75% des revenus supérieurs à un million d’euros, ce n’est pas du tout l’illustration étincelante de la mobilisation sans faille d’une classe dominante soucieuse de défendre ses acquis sociaux, n’allez pas croire ça, c’est juste que ces ligues de bienfaiteurs craignent pour l’attractivité de la France…

Lire la suite...

lundi 3 septembre 2012

Le patriotisme économique n’est pas le fort des patrons

Au dernier jour du raout du Medef, Arnaud Montebourg a lancé un appel au «patriotisme économique». 
Pour lui, le capital et le travail pourraient «gouverner ensemble». De quoi ricaner dans les rangs patronaux…

Ils en ont fait des tonnes, les ministres socialistes invités par le Medef à participer à son université d’été à Jouy-en-Josas (Yvelines). Pendant trois jours, tous auront tenté de convaincre le patronat de garder toute sa place dans le paysage. Dès mercredi, à l’ouverture de l’université d’été, Jean-Marc Ayrault avait fixé la ligne: «Je veux mettre les entreprises au centre de nos politiques économiques.» Après Michel Sapin qui a fait miroiter au Medef la «sécurisation» juridique non pas de l’emploi, mais des plans de licenciement, Pierre Moscovici a ajouté jeudi soir: «Le mot compétitivité n’est pas pour moi un gros mot.» Le 
ministre de l’Économie, sous les acclamations patronales, s’est engagé à écarter «les mesures qui brident les entreprises». Vendredi matin, c’est Arnaud Montebourg qui a délivré son appel au «patriotisme économique».

Lire la suite...

vendredi 31 août 2012

Au Medef, la comédie du bras de fer avec le gouvernement

Après Jean-Marc Ayrault, ce sont les ministres du gouvernement qui se pressent au raout patronal. Et pour inciter les patrons à jouer le jeu du dialogue social, certains, comme Michel Sapin, savent manifestement trouver les mots…

À l’université d’été du Medef qui s’achève ce vendredi, le défilé de ministres socialistes continue. Chacun son style: certains devant tout le monde à la tribune – afin de prouver qu’elle n’a pas une «vision bureaucratique» de l’écologie, Delphine Batho promet une «simplification des procédures administratives» qui, à ses yeux, «peuvent poser des problèmes de compétitivité» –; d’autres en petit comité dans les travées – en descendant de sa voiture, Michel Sapin se fait un plaisir de dévoiler pour Laurence Parisot ses chaussettes fuchsia, couleur de l’université d’été du Medef. Mais tous en chœur déroulent le tapis rouge au patronat, déjà conquis par l’accent mis sur la «compétitivité» et les contraintes budgétaires dans le discours de Jean-Marc Ayrault, à l’ouverture du grand raout patronal. De quoi inciter le Medef à surenchérir.

Lire la suite...

- page 1 de 3