Quel plaisir de travailler pour vous

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mardi 4 juin 2013

Le Medef se déchire sur l’après-Parisot

Hier après-midi, Geoffroy Roux de Bézieux a remporté d’un cheveu le vote consultatif au sein du conseil exécutif. Dans la dernière ligne droite, Pierre Gattaz, soutenu par Denis Kessler, demeure favori.

À l’issue, hier après-midi, du vote consultatif de son conseil exécutif – son gouvernement –, le Medef apparaît extrêmement divisé, au moment de désigner le successeur de Laurence Parisot. Le vote définitif aura lieu début juillet et ce sont les 591 membres de l’assemblée générale – le parlement de l’organisation patronale – qui trancheront entre les candidats. Hier, c’est Geoffroy Roux de Bézieux, patron d’un opérateur téléphonique et ex-président de l’Unedic, qui l’a emporté, mais d’un cheveu: il a recueilli 19 voix, contre 18 à Pierre Gattaz, le fils d’Yvon Gattaz, qui dirigea le CNPF entre 1981 et 1986, et 6 à Patrick Bernasconi, chef de file du patronat dans la négociation sur la flexibilisation de l’emploi.

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jeudi 30 mai 2013

Ah, si tous les gars du monde voulaient bien...

Un grand raout se tenait, mardi au siège de l’organisation patronale, pour célébrer la sortie des propositions communes, avec trois syndicats, sur la croissance.

Mardi soir, dans le grand auditorium du Medef, Laurence Parisot est «fière et heureuse» de partager la scène avec des syndicalistes. Sur la couverture du rapport Réinventer la croissance, agir ensemble pour une dynamique économique, les logos de trois organisations patronales (Medef, CGPME et UPA) et de trois syndicats (CFDT, CFTC et CGC) forment, relève-t-elle, «une ronde». «Cela me fait penser au poème: Ah, si tous les gars du monde voulaient bien se donner la main! Depuis 2005, depuis que je suis présidente du Medef, toutes nos organisations travaillent d’arrache-pied pour tenter de dépasser les conflits.» Et la patronne des patrons de se lancer dans une défense et illustration du dialogue social, visant en priorité Pierre 
Gattaz, le favori dans la course à sa succession: «Je mets un peu de solennité parce que cet acte majeur pourrait être mis en danger, avertit-elle. À gauche, à droite, dans les syndicats et dans le patronat, certains disent qu’on n’aboutit à rien par le dialogue social. Aujourd’hui, les organisations syndicales admettent que la culture entrepreneuriale est fondamentale. Et moi, de mon côté, je dis: vive la culture syndicale! C’est un engagement fort qui va nous offrir les bons choix pour renouer avec la rentabilité.»

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mercredi 22 mai 2013

Un patron de combat se détache pour succéder à Parisot

Parmi les candidats à la succession de Laurence Parisot, Pierre Gattaz, fils d’un président du CNPF, tient la corde. À son programme, rien de moins que le «pilotage» en commun par le Medef et le gouvernement du budget de l’État.

Qui succédera à Laurence Parisot à la tête du Medef? Ce jeudi, les cinq prétendants se relaient pour un grand oral devant le conseil exécutif de l’organisation patronale. Par un vote, la semaine suivante, les membres de cette instance donneront une première indication, avant le scrutin final qui aura lieu lors de l’assemblée générale du Medef, le 3 juillet.

Dans cette course à la surenchère néolibérale, la situation 
commence à se décanter: deux petits candidats (Hervé Lambel et Thibault Lanxade) paraissent d’ores et déjà condamnés à jouer les utilités; chef de file de la délégation patronale et président de la fédération des travaux publics, Patrick Bernasconi, réputé proche de Laurence Parisot avant qu’il se positionne contre sa tentative de changer les statuts afin de garder la main sur le Medef, ne perce guère avec une ligne privilégiant la négociation collective interprofessionnelle; Geoffroy Roux de Bézieux et Pierre Gattaz tiennent, semble-t-il, la corde. Entre eux, la bagarre se noue autour de la liste des soutiens, et c’est le fils d’Yvon Gattaz, ancien président du CNPF et patron de combat pendant le premier septennat de François Mitterrand, qui prend nettement l’avantage.

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vendredi 29 mars 2013

Les caciques du patronat mettent Parisot au chômage

La présidente du Medef n’est plus maître chez elle : jeudi matin, celle qui voulait rempiler a été battue dans un vote interne à la direction et, dans l’après-midi, les grévistes de PSA Aulnay ont réussi à investir le siège de l’organisation patronale.

La patronne des patrons ne l’est plus vraiment. Jeudi matin, Laurence Parisot a perdu son pari : le conseil exécutif du Medef n’a pas approuvé la modification statutaire qui devait lui permettre de rester à la tête de l’organisation patronale, le 1er juillet, au terme de ses deux mandats. Prévoyant la suppression de la limitation de la durée et du nombre des mandats, la proposition qu’elle soutenait a recueilli 22 voix pour, 22 voix contre et un bulletin blanc. Faute de majorité, Laurence Parisot ne pourra pas aller plus loin. Et aujourd’hui, la direction nationale du patronat se trouve cassée en deux.

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mercredi 20 mars 2013

Parisot passe à l’attaque

Confortée dans ses manœuvres pour garder la tête du Medef, la patronne des patrons exige le rejet pur et simple de la loi d’amnistie pour les syndicalistes à l’Assemblée.

Laurence Parisot est peut-être en train de gagner son pari. Sous couvert de «renforcer la démocratie interne» au sein du patronat, la présidente du 
Medef prépare, à quelques mois de la fin de ce qui devait être son dernier mandat, une réforme des statuts qui pourrait bien lui permettre de rempiler. Lundi soir, le comité statutaire de l’organisation patronale a présenté une série de propositions taillées sur mesure: mandats de cinq ans renouvelables sans limi
tation, réduction du nombre 
de procurations admises lors de l’assemblée générale – ce 
qui limitera probablement l’influence de certaines grosses fédérations hostiles à sa manœuvre –, application immédiate de cette réforme si elle venait à être adoptée par les 
instances du Medef, etc. Devant la presse, Laurence Parisot salue 
sans rire une «réflexion» du comité statutaire qui est «d’un niveau tout à fait remarquable». C’est cette position qui va être présentée devant le conseil exécutif et lors de l’assemblée générale du Medef. Et dans le camp de Parisot, la confiance règne, face à des opposants qui s’expriment en ordre dispersé.

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mardi 12 mars 2013

Tout est précaire, sauf pour Laurence Parisot

La présidente du Medef espère arracher une prolongation de son mandat en dépit des règles statutaires de l’organisation. Mais plusieurs figures du patronat refusent le coup de force.

La vie, l’amour, la santé sont précaires… Pourquoi la présidence du Medef ne le serait-elle pas? Pourfendeuse du contrat à durée indéterminée et de la sécurité de l’emploi, Laurence Parisot rechigne, après huit années de règne, à rendre son mandat à la tête de l’organisation patronale pour partir, par exemple, faire du kite-surf à Saint-Barth, cette île des Caraïbes chérie des people et des milliardaires où elle passe souvent ses vacances. En janvier, le soir même où le Medef a obtenu l’accord de la CFDT, de la CFTC et de la CGC dans la négociation de flexibilisation du marché du travail, la patronne des patrons a annoncé son intention d’obtenir une prolongation de son mandat. Pour celle qui n’a pas manqué, dimanche, de cracher sur le cercueil de Chavez – «Un homme qui était un dictateur, un démagogue, qui incarne le populisme dans toute son horreur», a-t-elle ânonné –, l’enjeu, c’est d’arracher, à la dernière minute, une modification des statuts du Medef afin de pouvoir rempiler: jusqu’à nouvel ordre, les dirigeants pouvaient faire deux mandats à la tête de l’organisation patronale, un premier de cinq ans et un second de trois ans. Le comité statutaire du Medef doit se prononcer lundi 18 mars. Mais Parisot, elle, a déjà tranché: «J’ai l’audace d’espérer pouvoir soumettre ma candidature à un troisième mandat», a-t-elle averti dans le Monde du 1er mars.

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Candidats en pagaille au conclave patronal

Pierre Gattaz, 
un fils à papa chez les patrons

Tel père, tel fils? Alors qu’Yvon Gattaz a présidé le CNPF sous Mitterrand entre 1981 et 1986, Pierre Gattaz considère que son heure est venue. L’homme a déjà succédé à son paternel à la tête de Radiall, l’entreprise familiale spécialisée dans l’électronique. Il a mis la main sur plusieurs mandats dans les cénacles patronaux : il préside notamment le Groupe des fédérations industrielles (GFI). Il a également un pied au bureau de l’Union des métiers et industries de la métallurgie (UIMM), une des fédérations patronales les plus puissantes. D’après le Figaro, il pourrait recevoir le soutien de Denis Kessler, ex-bras droit et idéologue du patronat sous Seillière.

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jeudi 7 mars 2013

Contre Parisot, les patrons de l'UIMM sortent les flingues

La fédération patronale de la métallurgie s’engage 
dans la bataille 
pour la présidence 
du Medef.

L’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), affaiblie par l’affaire de la caisse noire antigrève, va-t-elle retrouver sa puissance au sein du patronat ? Hier, l’importante fédération patronale a fait un pas de plus pour tenter de couper la route à Laurence Parisot. Alors que la présidente du Medef devrait abandonner son poste en juin, elle tente de rester à la barre au prix d’un bouleversement statutaire de dernière minute. À l’issue de la convention annuelle de l’UIMM, Frédéric Saint-Geours, présenté parfois comme un concurrent de Parisot, a été limpide sur l’objectif de son organisation. Pas question d’être «dans la continuité». L’UIMM promet de s’opposer à toute réforme des statuts du Medef. L’organisation estimant que Laurence Parisot ne respecte pas «l’éthique» et les «règles de gouvernance». Frédéric Saint-Geours déplore: «En lançant ce type de procédure de révision des statuts, on crée des malaises, on crée des divisions. Ce n’est pas surprenant de voir des gens démissionner de leurs mandats, cela arrive et ce n’est pas forcément fini.»

Article paru dans l'Humanité du 7 mars 2013.

mercredi 16 janvier 2013

Grandes manœuvres au Medef

Pour rempiler, la patronne des patrons prétend être sollicitée de toutes parts.

Présidente du Medef depuis 2005, Laurence Parisot est généreuse et totalement désintéressée: elle n’a pas encore pris sa décision, jure-
t-elle la main sur le cœur, mais si ses troupes la réclament et si les statuts du Medef sont amendés pour lui permettre de rester à la tête de l’organisation, on la sent très, très disponible. «Il y a deux mois environ, ­plusieurs chefs d’entreprise, des présidents de fédérations professionnelles, des amis des Medef territoriaux, des dirigeants d’entreprises cotées au CAC 40 m’ont demandé de considérer la possibilité de rester plus longtemps que prévu à la tête du Medef, raconte-t-elle devant la presse, hier matin. J’ai été flattée de cette sollicitation. Je leur ai répondu que j’ai aimé ce que j’ai fait à la tête de notre institution, mais qu’il n’était pas question d’aborder ce sujet tant que la négociation sur l’emploi, si importante, n’était pas terminée.» Voilà pour la légende, passablement entamée au regard notamment de nos informations sur les manipulations au Medef de Seine-Saint-Denis.

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vendredi 4 janvier 2013

Le patronat pigeonne son monde sur la fiscalité des riches

Aversion pour le «risque», «matraquage», fuite des «talents»… Le Medef sort ses canons idéologiques contre toute contribution solidaire.

C’est bien connu, le patronat défend en toutes circonstances l’intérêt général, donc la compétitivité des entreprises et la prospérité du pays. Et si le Medef ou l’Afep, le fameux lobby des groupes du CAC 40, poussent des cris d’orfraie quand François Hollande évoque la perspective d’une taxation à 75% des revenus supérieurs à un million d’euros, ce n’est pas du tout l’illustration étincelante de la mobilisation sans faille d’une classe dominante soucieuse de défendre ses acquis sociaux, n’allez pas croire ça, c’est juste que ces ligues de bienfaiteurs craignent pour l’attractivité de la France…

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mardi 4 septembre 2012

Traité budgétaire: au secours, les oui-ouistes sont de retour !

À l’occasion de son université d’été, à la fin de la semaine dernière, le Medef a voulu reconstituer le club des incorrigibles optimistes. La démocratie est menacée, les politiques d’austérité étranglent les peuples et risquent de faire éclater l’Union européenne. Mais Laurence Parisot invite ses troupes à «raconter des histoires glorieuses».

«Qu’est-ce que l’Europe peut faire pour toi?» Au premier soir de l’université d’été du Medef, mercredi dernier, les patrons, tee-shirts fuchsia noués sur les épaules, prennent le slogan publicitaire au pied de la lettre: eux, ils veulent bien inaugurer le stand de la Commission européenne, la seule institution politique invitée à être présente en permanence à leurs côtés sur le campus d’HEC à Jouy-en-Josas (Yvelines), mais l’Europe, elle n’a qu’à commencer par servir l’apéritif. Verre de vin blanc à la main, ils devisent joyeusement. Oubliées les jérémiades qu’ils réservent aux membres du gouvernement Ayrault, là, ils causent de leurs vacances, estivales et hivernales – plutôt Maldives ou plutôt Phuket? – de leurs aventures amoureuses ou de leurs déboires sentimentaux, et des mérites comparés des cantines à caviar parisiennes – «Ceux-là, je me damnerais pour leurs blinis», glousse une précieuse ridicule. Pendant ce temps, Laurence Parisot disserte au pupitre, un brin mécanique, elle évoque ce que l’Union européenne et la Commission en particulier ont apporté jusqu’ici au patronat «pour transformer, pour éliminer ce qui nous gêne dans le fonctionnement économique, les dysfonctionnements, les apories, les impasses».

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lundi 3 septembre 2012

Le patriotisme économique n’est pas le fort des patrons

Au dernier jour du raout du Medef, Arnaud Montebourg a lancé un appel au «patriotisme économique». 
Pour lui, le capital et le travail pourraient «gouverner ensemble». De quoi ricaner dans les rangs patronaux…

Ils en ont fait des tonnes, les ministres socialistes invités par le Medef à participer à son université d’été à Jouy-en-Josas (Yvelines). Pendant trois jours, tous auront tenté de convaincre le patronat de garder toute sa place dans le paysage. Dès mercredi, à l’ouverture de l’université d’été, Jean-Marc Ayrault avait fixé la ligne: «Je veux mettre les entreprises au centre de nos politiques économiques.» Après Michel Sapin qui a fait miroiter au Medef la «sécurisation» juridique non pas de l’emploi, mais des plans de licenciement, Pierre Moscovici a ajouté jeudi soir: «Le mot compétitivité n’est pas pour moi un gros mot.» Le 
ministre de l’Économie, sous les acclamations patronales, s’est engagé à écarter «les mesures qui brident les entreprises». Vendredi matin, c’est Arnaud Montebourg qui a délivré son appel au «patriotisme économique».

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vendredi 31 août 2012

Au Medef, la comédie du bras de fer avec le gouvernement

Après Jean-Marc Ayrault, ce sont les ministres du gouvernement qui se pressent au raout patronal. Et pour inciter les patrons à jouer le jeu du dialogue social, certains, comme Michel Sapin, savent manifestement trouver les mots…

À l’université d’été du Medef qui s’achève ce vendredi, le défilé de ministres socialistes continue. Chacun son style: certains devant tout le monde à la tribune – afin de prouver qu’elle n’a pas une «vision bureaucratique» de l’écologie, Delphine Batho promet une «simplification des procédures administratives» qui, à ses yeux, «peuvent poser des problèmes de compétitivité» –; d’autres en petit comité dans les travées – en descendant de sa voiture, Michel Sapin se fait un plaisir de dévoiler pour Laurence Parisot ses chaussettes fuchsia, couleur de l’université d’été du Medef. Mais tous en chœur déroulent le tapis rouge au patronat, déjà conquis par l’accent mis sur la «compétitivité» et les contraintes budgétaires dans le discours de Jean-Marc Ayrault, à l’ouverture du grand raout patronal. De quoi inciter le Medef à surenchérir.

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jeudi 30 août 2012

Ni bronca ni tabac pour Ayrault

Pacte budgétaire européen, «compétitivité» des entreprises… Laurence Parisot se félicite de la reprise par le premier ministre de «thèmes très importants» pour le Medef.

Après avoir pendant des années applaudi à tout rompre 
Nicolas Sarkozy, tantôt ministre de l’Intérieur, tantôt à Bercy, tantôt président de la République, les patrons participant à l’université d’été du Medef ont accueilli poliment, mais sans enthousiasme excessif, Jean-Marc Ayrault. Au-delà du consensus trouvé avec le patronat sur le pacte budgétaire européen, les finances publiques et la «règle d’or», le premier ministre a réitéré sa volonté de bouleverser le financement de la protection sociale au nom de la «compétitivité» et promis que la réforme fiscale servirait à «améliorer le financement de l’économie»… Des revendications patronales très fortes, mais dans les travées, à l’issue de cette intervention très mollement applaudie, ils se pressent pour hausser les épaules. «Quand je verrai mes impôts baisser, je ferai moins la gueule», glousse un costume-cravate en tapant l’épaule de son voisin. Ni tabac ni bronca pour les autres, pas plus déçus que satisfaits, qui jouent la superbe indifférence: «Il n’y a rien de neuf dans ce que le premier ministre a annoncé.»

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mercredi 29 août 2012

Désintégré

Sweat-shirt fabriqué en Turquie pour l'université d'été du Medef en 2012

Un objet de lutte fabriqué en Turquie
et distribué à la presse
le mercredi 29 août 2012 à Jouy-en-Josas (Yvelines).

vendredi 17 août 2012

Gary Klesch, le renard à qui Sarkozy voulait confier le poulailler

Ce n’est pas un groupe 
que dirige cet Anglo-Américain, c’est une nébuleuse 
qui, depuis trente ans, se paie en saignant les entreprises malades et en suçant leurs économies jusqu’à l’os… 
Avant de quitter le pouvoir, 
la droite a réintroduit 
ce prédateur dans le pays.

C’est un tour de passe-passe que tout le monde connaît. Et pourtant quand la pièce de monnaie disparaît dans la manche, la poche ou sous la montre de l’illusionniste, on finit toujours par applaudir. Avec Gary Klesch, au début, c’est pareil, à une tout autre échelle. Début 1998, il prend les rênes des derniers vestiges du chausseur Myrys: un site de production à Limoux (Aude), 150 magasins, 364 salariés. «Le projet est aventureux», complimente le tribunal de commerce. Illico, l’homme d’affaires se sépare d’un tiers du personnel et d’un tiers des petits commerces. Ce qui suscite un poil de réprobation, on l’imagine, mais tout s’arrange quand les machines redémarrent. «Maintenant, ils pensent que je suis un magicien», se vante-t-il en mai 1998 devant un journaliste anglais. Un an plus tard, Gary Klesch licencie 150 personnes de plus et liquide encore trente magasins. En février 2000, pour Myrys, c’est le dépôt de bilan. Tout ferme, l’usine et le reste. Cette fois, c’est Magic Klesch lui-même qui disparaît, sans avoir investi le premier des kopecks promis…

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jeudi 16 août 2012

Charles Beigbeder, charlatan bien ordonné
 commence par lui-même

Au Medef, c’est une vedette. Le grand capital l’a adoubé. L’homme 
a fait fortune et, dans le milieu, tous adorent le roman de sa success story. Mais sur le visage longtemps rieur de 
cet angelot néolibéral, 
la victoire de la gauche fait apparaître les rides de la réaction.

Charles Beigbeder a deux talents, au moins: il a toujours su transformer le vent en or, puis mettre les voiles avant que la supercherie n’éclate. Né de l’union d’un chasseur de têtes pour groupes du CAC 40 et d’une aristo défroquée traductrice de romans à l’eau de rose, il a dû, pour convaincre le monde de sa réussite, déployer des trésors d’imagination qu’on cherchera vainement en librairie dans les pochades de son cadet, Frédéric. Croisement entre Géo Trouvetou et Picsou, avec sa gueule de séraphin, des cravates Hermès et le brushing toujours impeccable, ce catho lisse pratiquant reçoit le pèze, le fric et le saint bénéfice sans confession.

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mardi 14 août 2012

Édouard Carmignac, le petit timonier des riches 
entre en résistance

Spéculateur sur les marchés émergents et les matières premières, il a fait fortune en créant quelques dizaines d’emplois en France. 
Cela ne l’empêche pas d’avoir des idées sur le remède 
de cheval qu’il faudrait pour nous sauver.

Édouard Carmignac a commencé le polo en 1981. « Comme un acte de résistance active », fanfaronne-
t-il. Chaque été, l’homme monte au maquis, avec un pincement au cœur, cette année plus encore que les précédentes, sans doute. Au domaine d’Héroussard, à Dozulé (Calvados), le châtelain retrouve son armée secrète de joueurs argentins, un troupeau de montures de premier choix, un véritable terrain en gazon et un practice en synthétique. Bien moins doué, avec son maillet en bambou sur sa jument, que ses jeunes coéquipiers professionnels –  au polo, chaque joueur se voit attribuer une note selon son niveau entre moins 2  et 10  –, l’amateur, handicap zéro, né en 1947, ne touche peut-être pas souvent la balle, mais il n’en reste pas moins capitaine puisque c’est lui qui paye. Tout comme ses amis et concurrents, Laurent Dassault, un des rejetons de Serge, ou Bahar Jefri, neveu du sultan de Brunei, qui, eux aussi, louent les services des meilleurs mondiaux pour briller dans les compétitions. À la Coupe d’or de Deauville qui s’est achevée dimanche, Talandracas, l’équipe d’Édouard Carmignac, a fini dernière.

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lundi 9 juillet 2012

Compétitivité: le Medef exerce sa tyrannie

Face à François Hollande 
et au gouvernement Ayrault, le patronat 
et ses multiples 
relais mettent 
les bouchées doubles pour maintenir les politiques économiques 
et sociales 
dans l’étau néolibéral.

À l’Élysée, le jour de la passation des pouvoirs entre le perdant qui est formidable – « son bilan n’est pas un boulet, mais un boulot extraordinaire », avait-elle énoncé – et le vainqueur qui la snobe jusque-là, Laurence Parisot ne retient que l’essentiel, la seule chose qui compte pour elle: « François Hollande a parlé de la compétitivité des entreprises, ce qui m’a plu, bien sûr! » En coulisses, derrière les épais murs de son siège, avenue Bosquet à Paris, cela fait déjà plusieurs semaines que le patronat se félicite d’avoir remporté une bataille idéologique en ayant « su installer des idées pour la campagne ». « Nous nous entretenons beaucoup avec les équipes de Nicolas Sarkozy et maintenant aussi de François Hollande, lit-on, par exemple, dans le compte rendu interne de l’assemblée générale mensuelle du Medef, en date du 17  avril. Ce dernier hésite beaucoup à rencontrer le Medef: un jour, c’est oui et le suivant, c’est non! Un seul mot d’ordre – « compétitivité équitable » – a été repris par tous les candidats modérés, alors que, jusque-là, cette conception était étrangère aux discours politiques.» La semaine dernière, la patronne des patrons remet le couvert: « Nous avons eu plus de soixante réunions avec les membres du gouvernement, des conseillers des ministres et les organisations syndicales pour préparer la conférence sociale. Et nous avons dit très clairement que la question de la compétitivité était à nos yeux la question numéro un. »

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jeudi 28 juin 2012

Philippe Varin, le Géo Trouvetout de la casse

Amateur de clarinette, le grand patron de PSA ne manque pas d’idées pour « réduire l’anxiété » des salariés qu’il veut licencier, comme à Aulnay-sous-Bois.

Jeudi dernier, la direction de PSA d’Aulnay a organisé une «bourse pour l’emploi» dans les murs de l’usine. Une manière subtile de bloquer la clim’ de la boîte sur la grande glaciation de la fermeture et des licenciements: leur avenir, les milliers d’ouvriers du constructeur automobile en Seine-Saint-Denis n’ont qu’à aller le chercher du côté de la RATP, d’Alstom, de Keolis, d’Airbus, de Carrefour et toutes les entreprises qui tenaient des stands ce jour-là…

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