Dressant elle-même son panégyrique, mardi matin, devant la presse, Laurence Parisot a vanté un «lieu de débats de haut niveau» où «des choses inattendues, inhabituelles» amenaient les patrons à «reconsidérer leur point de vue». Avec ce même esprit radical-chic, la présidente du Medef a, en guise de legs, glissé quatre livres à chacun de ses collègues du conseil exécutif. Au cours de son dernier point presse mensuel, mardi, elle a longuement – c’est là qu’est tout le plaisir d’offrir chez ces gens-là – glosé sur les raisons de ses choix: un livre sur l’importance d’avoir une «équipe» quand, comme Lincoln, on veut abolir l’esclavage, un très court récit de Maurice Blanchot, un recueil de poèmes de Paul Valéry… Et Clair de terre d’André Breton. «Ça illustre bien ce que j’ai voulu faire: renverser les choses! Au Medef, nous sommes au quotidien dans la raison, toujours très attentifs aux faits, aux chiffres… Mais évidemment, pour vivre avec intensité, mieux vaut avoir à ses côtés le pape de la déraison.»

Article paru dans l'Humanité du 20 juin 2013.