«Nous devons réduire les déficits par des économies de dépenses, considère le ministre de l’Économie. 57 % de dépenses publiques dans le PIB, ça ne va pas ! Nous prévoyons 14 milliards de dépenses publiques en moins en 2014.» Revendiquant d’avoir toute sa place en tant que ministre de l’Économie à l’université du Medef de combat de Pierre Gattaz, Pierre Moscovici a multiplié les rappels sur les «engagements» en faveur des entreprises. À plusieurs reprises, il a martelé que la hausse des cotisations vieillesse, annoncée dans la réforme des retraites, serait «intégralement compensée par une baisse des cotisations famille». Il est aussi revenu longuement, et parfois sous les applaudissements, sur le crédit d’impôt compétitivité-emploi (Cice), insistant sur le fait qu’il est octroyé «sans contrepartie, ni contrôle fiscal». Le ministre de l’Économie a également ­flatté son auditoire en annonçant un «choc de simplification» administrative via un projet de loi qui sera présenté la semaine prochaine.

Reprenant la formule ­récente de son invité, Pierre Gattaz a, sur cette lancée, proposé de reprendre le «ras-le-bol fiscal» comme «plate-forme de rassemblement». Quelques heures plus tôt, Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef, avait, dans une table ronde intitulée, non sans une certaine outrance, «la France, enfer fiscal», fustigé une «asphyxie et pas juste un ras-le-bol». Mais rien de rédhibitoire pour la bonne entente entre le patronat et le gouvernement, car en guise de conclusion, Pierre Gattaz s’est dit disponible pour travailler conjointement: «Je peux être là dès lundi matin à la première heure, j’apporterai les croissants… Pour éviter que vous ne les taxiez!»

Article paru dans l'Humanité du 30 août 2013.