Il n’a oublié personne. Hier matin, pour sa conférence de presse mensuelle, Pierre Gattaz a paré son discours d’un bonnet rouge, d’un bec de pigeon, d’un marteau de bricoleur du dimanche ou d’une boule à zéro de tondu, afin de rallier à son absence de panache toutes les jacqueries patronales du pays. «Arrêtez d’emmerder les entreprises», a-t-il lancé. 
Au nom du «ras-le-bol fiscal absolu», le président du Medef réclame un «moratoire», non pas, évidemment, sur les plans sociaux, mais sur les «mesures 
anti-entreprises» qui, émanant du gouvernement, selon lui, «font florès toutes les semaines». Citant la loi sur l’économie sociale et solidaire, la reconnaissance très partielle de la pénibilité en matière de retraites ou le projet de «renforcement des prérogatives de l’inspection du travail», le patron des patrons évoque «la nervosité locale des forces vives» pour suggérer avec insistance à François Hollande de lui emboîter le pas sur des dossiers comme le transfert des cotisations vers une forme de TVA sociale relookée, la facilitation des licenciements, ou encore la généralisation de l’ouverture des commerces le dimanche et la nuit. Dans son propos, le gros bonnet de l’avenue Bosquet finit par lâcher le morceau: 
«En fait, il faut réduire la protection sociale!»

Article paru dans l'Humanité du 20 novembre 2013.