Dans le monde idéal de Pierre Gattaz, les ­patrons sont des «héros», ils défendent leurs intérêts, et donc l’intérêt général, et conduisent le pays vers la prospérité. C’est la raison pour laquelle il prétend allègrement que le Medef, cette «armée d’ambassadeurs de l’économie», ­représente en fait les 20 millions de salariés que ses entreprises adhérentes emploient… «Nos salariés ont les mêmes problèmes que nous», estime-t-il de manière un brin hâtive. Il suffirait, pour Pierre Gattaz, d’entrer dans le monde merveilleux de la société réconciliée. Dans son laïus, hier, l’homme s’offusquait : «Ma plus jeune fille vient de passer son bac. Son sujet de sciences ­économiques et sociales était: “Vous montrerez de quelle ­manière les conflits sociaux peuvent être facteurs de cohésion sociale…” ­Comment peut-on avoir, au XXIe siècle, une vision aussi caricaturale et dogmatique?» On se le demande, puis on regarde aux alentours: ils sont tous là, ceux qui continuent la guerre des classes, ils n’ont pas disparu… Ils sont dans ce Medef de combat, mais avec un silencieux sur le canon!

Article paru dans l'Humanité du 4 juillet 2013.